Top Ten: Génies Homosexuels

2009 juillet 7

J’ai une semaine de retard sur la Gay Pride, mais j’ai décidé moi aussi de célébrer l’homosexualité. Et non, je ne vais pas danser à poil sur le dernier tube de Britney Spears, perché sur un char en forme de bite. Je vais vous parler d’art, bordel! Parce que, comme chacun sait, les artistes, c’est tous des PÉDÉS! En vrai non. Mais il y en a quand même un bon nombre, et comme vous allez voir, pas les plus minables. Alors, sans plus attendre, voici mon classement des génies homosexuels. (Je précise que je ne me suis concentré que sur les hommes et si z’êtes pas contente les goudous au fond de la salle, c’est pareil. J’en ferais un autre rien que pour vous, promis.)

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Le Dramaturge: Tennessee Williams

L’auteur dramatique américain le plus important et le plus influent de l’après-guerre, Williams met en scène des personnages défiant les classification, ravagés par les troubles mentaux, l’alcool ou l’homosexualité (ou les trois), emmurés dans leurs mensonges et leurs névroses. Décidé à ouvrir tous les « placards, greniers et sous-sols du comportement humain » jusque-là laissées dans le noir, il révolutionne la représentation de la sexualité et de la folie au théâtre dans des pièces jugées pornographiques (forcément) et immortalise les grands acteurs et actrices de son époque (Brando, Laurette Taylor, Gerladine Page, Jessica Tandy, Maureen Stapleton…) en leur offrant des rôles légendaires d’une épaisseur peu commune (Blanche DuBois, Stanley KowalskiAmanda Wingfield, Alexandra Del Lago, Serafina Delle Rose…). Deux fois lauréat du prix Pulitzer (pour Un Tramway nommé Désir et La Chatte sur un toit brûlant), Tennessee Williams à laissé une ombre immense sur le monde du théâtre, et a exercé une influence majeure sur des générations de grands auteurs, d’Edward Albee (gay) à William Inge (gay), et jusqu’à Tony Kushner (gay).

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Le Compostiteur: Piotr Ilitch Tchaïkovski

Compositeur hypersensible et tourmenté, doté d’un don mélodique unique, taxé par la critique de son époque de facilité et de vulgarité, Tchaïkovski demeure, plus de cent ans après sa mort, l’un des compositeurs les plus célèbres et les plus populaires du monde. Mêlant le style russe à une inspiration plus occidentale que ses contemporains militants du « Groupe des cinq », sa musique traduit la violence des passions humaines avec un sens du tragique peu commun. Eclectique, il composa symphonies, suites, et concertos, mais s’illustra particulièrement dans le ballet (Le Lac des Cygnes, Le Casse-Noisette, La Belle au Bois Dormant), donnant ses lettres de noblesses à ce genre considéré alors comme mineur.

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Le Rocker: David Bowie

Certes, pas 100% homosexuel, puisqu’il est aujourd’hui heureux en ménage avec Iman. Rien à foutre. Bowie a porté suffisamment de maquillage dans les seventies pour figurer haut dans ce classement. Une invention musicale constante, un artiste en réinvention permanente (Dieu du glam rock avec Ziggy Stardust et Hunky Dory, il se convertit à la Philadelphia Soul pour Young Americans, avant de se lancer dans l’electro expérimentale avec sa Trilogie Berlinoise qui préfigure toute la New Wave), une présence sur scène à la théâtralité hors du commun, il a fourni, au cours de la décennie 70, assez de classiques pour remplir une dizaine de carrières, produit et/ou co-écrit des albums clés pour ses potes Iggy Pop (Lust for Life, The Idiot) et Lou Reed (Transformer), et influencé à peu près tout le monde. Sans même parler de sa métamorphose (un peu décevante, forcément) en mégastar pop dans les années 80.  Et, à plus de 60 ans, il a plus de classe que tous les rockers de sa génération réunis.

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L’acteur: Montgomery Clift

Au lendemain de la 2nde Guerre mondiale, l’ère des héros s’achève. Une nouvelle génération d’acteur va révolutionner le jeu à l’aube des années 50. Le premier d’entre eux ne se nomme pas Marlon Brando, mais Montgomery Clift. Faussement rattaché à l’Actors Studio, justement à cause de l’influence majeure qu’il a eu sur Brando et James Dean, Monty Clift fracasse sans méthode dès la fin des années 40 l’image du leading man américain : beau comme un dieu, ténébreux, fragile, tourmenté, il incarne les doutes et les remises en question de l’après-guerre. Après avoir donné vie à deux personnages mythiques (Georges Eastman dans Une Place au Soleil et Prew dans Tant qu’il y aura des hommes), succombant à ses propres démons, il sombre dans l’alcool et la dépendance aux médicaments. En 1957, il est victime d’un accident de voiture qui le défigure. Le visage figé, ses grands yeux se débattant dans le vide, la fascination qu’il exerce est intacte dans Soudain l’Eté dernier et Les Misfits (sur le tournage duquel Marilyn Monroe dit de lui “C’est la seule personne que je connaisse qui va encore plus mal que moi”). Prématurément usé, il meurt à 45 ans d’une crise cardiaque, après avoir profondément marqué le cinéma.

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Les Poètes:
Arthur Rimbaud / Paul Verlaine

Oui je triche, mais non, ce n’est pas grave parce qu’il s’agit là de la relation homosexuelle la plus célèbre et la plus documentée de l’histoire de l’art, passionnelle, dévorante et qui se termina par deux coups de feu. Syphilitique, alcoolique, diabétique, emprisonné pour homosexualité et tentative de meurtre, Verlaine est l’archétype du poète maudit (sans blague, c’est lui qui a inventé le terme) et Rimbaud n’incarne-t-il pas la poésie à lui tout seul ? Enfant terrible par excellence, il a cessé d’écrire pour toujours avant ses 21 ans, sans avoir le temps de s’embourgeoiser ou de voir son talent fulgurant s’essouffler, restant à tout jamais un symbole de jeunesse et de révolte, et laissant derrière lui une oeuvre visionnaire et hypnotique, qui d’Une saison en enfer aux Illuminations, demeure la plus belle évocation des affres de la jeunesse.

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Le Cinéaste: Pedro Almodóvar

L’un des seuls vrais génies du cinéma en activité, Almodóvar fut la figure de proue de la Movida qui agita l’Espagne après la mort de Franco. Issu du milieu underground madrilène, il bricole au cours des années 80 des comédies complètement barrées qui reflètent son goût pour les marginaux, son amour prononcé pour le kitsch et la culture populaire espagnole, son style visuel bariolé et son humour déjanté. Cet univers unique le fait connaître mais aussi rapidement taxer de vulgarité. Au début des années 90, il bifurque vers le mélodrame où sa sensibilité exacerbée et son œil qui sait trouver la beauté même dans le sordide font merveille. Il livre une suite de chef-d’œuvres d’une densité ahurissante qui font sauter les résistances de la fraction de la critique et du public qui continuaient de lui résister, et font de lui une institution. On pouvait craindre qu’ainsi déifié, oscarisé, cannes-ifié, cet électron libre ne se fige dans le conformisme. Il n’en est rien. L’artiste grandit et continue d’éblouir.

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L’artiste Polymorphe: Jean Cocteau

Ecrivain, poète, dramaturge, cinéaste, dessinateur, Jean Cocteau fut un touche-à-tout de génie et l’une des figures artistiques majeures de son époque. Bouillonnant d’activité, il publie des recueils de poésie, collabore avec Sergei Diaghilev, Erik Satie et Pablo Picasso pour le ballet Parade (qui inspire à Apollinaire le terme de surréalisme), révèle au monde le talent fulgurant de Raymond Radiguet, et en 1929 accède au statut d’auteur majeur avec son roman Les Enfants Terribles. En 1930, il triomphe au théâtre avec  La Voix Humaine, monologue déchirant d’une femme au téléphone quittée par son amant, et imprime le surréalisme sur celluloïd avec le mythique Sang d’un poète. Au cours des années 30, il écrit Les Parents Terribles, fabriquant au passage Jean Marais, qui deviendra son amant pour la vie, et en 1945 collabore aux dialogues des Dames du Bois de Boulogne, le premier chef d’œuvre de Bresson. Après la Guerre, il se fait cinéaste pour réinventer La Belle et La Bête et Orphée, où ses talents de conteur, de créateur d’images et de poète fusionnent pour donner vie à des œuvres d’une beauté ensorcelante. Cocteau meurt en 1963. Sur sa tombe, son épitaphe : Je reste avec vous. Rien ne saurait être plus vrai.

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L’écrivain: Marcel Proust

Considéré par beaucoup comme le plus grand écrivain du XXeme siècle, Marcel Proust est l’auteur du monumental A la recherche du temps perdu, publié en sept parties de 1913 à 1927. Conçue « comme une cathédrale », tournant volontairement le dos aux notions d’intrigue et de dramaturgie pour privilégier une écriture impressionniste, composée de phrases d’une longueur vertigineuse, cette œuvre d’une vie n’est pas une fresque sociale à la manière de la Comédie Humaine de Balzac, mais une interrogation métaphysique sur l’auteur lui-même, son œuvre (juif+homosexuel=doublement névrosé), et finalement, un miroir pour l’humanité toute entière. Tout le génie de Proust est dans ce paradoxe: évoquant les moindres détails de sa propre vie, décrivant un milieu social très spécifique, son oeuvre est pourtant universelle, intemporelle. « Ce que racontaient les gens m’échappait, car ce qui m’intéressait, c’était non ce qu’ils voulaient dire, mais la manière dont ils le disaient, en tant qu’elle était révélatrice de leurs caractères ou de leurs ridicules »

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Le Peintre : Caravage

Né en 1571, Michelangelo Merisi dit Caravaggio, est peut-être le plus grand peintre de l’histoire. Considéré par certains comme le premier représentant du mouvement baroque, sa peinture se distingue de celle de ses contemporains par un réalisme saisissant, un érotisme tangible, une intensité émotionnelle paroxystique et une utilisation furieusement dramatique de la lumière. Fréquentant les bas-fonds le Rome, querelleur, il mène une vie dissolue qui le mènera plusieurs fois en prison, et le contraindra à fuir toute sa vie, notamment après le meurtre d’un jeune homme au cours d’une rixe en 1606. Protégé par le Cardinal Del Monte, il jouit d’une grande célébrité de son vivant, même si ses toiles sont régulièrement  refusées pour leur caractère scandaleux : lorsqu’il peint des sujets religieux, il prend pour modèles des prostituées, des mendiants ou ses propres amants. Fixant la technique du chiaoscuro, il a exercé une influence majeure sur Georges de la Tour, Rembrandt ou Vélasquez. Nicolas Poussin a dit de lui au XIXeme siècle qu’il était « venu au monde pour détruire la peinture », apportant par là-même la confirmation que Caravage était, tout simplement, le premier peintre moderne.

Oscar Wilde

L’esprit: Oscar Wilde

Ceux qui ont lu Oscar Wilde savent qu’il était sans doute l’un des hommes les plus brillants à avoir foulé le sol de cette planète. Bien des auteurs sont intelligents, mais peu ont manifesté leur esprit avec autant d’humour et de panache que Wilde. Connu aujourd’hui pour ses aphorismes étincelants qui ornent diverses cartes postales et autres statuts facebook d’imbéciles en tous genres, il fut l’un des dramaturges les plus appréciés de l’ère victorienne, une des grandes célébrités de son époque, et surtout un penseur de génie qui donna dans la préface de son unique roman, le légendaire Portrait de Dorian Gray, la définition ultime de l’art « Il n’y a pas de livre moral ou immoral. Les livres sont bien écrits ou mal écrits. Voilà tout. » De son côté, il écrivit les pièces les plus fabuleusement drôles de l’histoire du théâtre, satirisant avec une ironie assassine l’hypocrisie de son époque (et de tant d’autres). Mais son œuvre majeure fut sa vie, forcément brisée par la stupidité d’une société constipée et aigrie, qui le condamna à deux ans de travaux forcés pour « indécence choquante » (traduction : homosexualité), dont il sortit détruit, terminant ses jours en France dans la solitude et la misère. Il avait peu ou prou cessé d’écrire après sa condamnation en 1895, à 41 ans.

A titre de comparaison, si Hugo avait s’était tu à 41 ans, il n’y aurait pas eu de Misérables. Zola n’aurait pas eu le temps d’écrire Germinal ni la Bête Humaine, Flaubert ne nous aurait pas fait part de son Education Sentimentale, et Molière ne nous aurait jamais fait rire avec Tartuffe, Le Misanthrope, L’Avare, Le Bourgeois Gentilhomme, ou Dom Juan.

Donc la prochaine fois qu’un génie de cet ordre se présentera, plutôt que se demander s’il aime la bite, et s’évertuer le cas échéant à le réduire à néant et ainsi priver l’humanité d’une de ses lumières, je suggère plutôt qu’on se mette à plat ventre pour le remercier d’exister.

11 réponses leave one →
  1. 2009 juillet 7
    Pinkmarple lien permanent

    le Rocker : Marc bolan!!

  2. 2009 juillet 7
    Pinkmarple lien permanent

    L’artiste Polymorphe : pier Paolo Pasolini

  3. 2009 juillet 7
    Pinkmarple lien permanent

    Le poète : François Villon

  4. 2009 juillet 7
    Pinkmarple lien permanent

    Le compositeur : Georg Friedrich Haendel

  5. 2009 juillet 7
    Pinkmarple lien permanent

    Oui bon d’accord je pourrais écrire tout cela en une fois!

  6. 2009 juillet 8
    L'autre lien permanent

    Toi

  7. 2009 juillet 8

    Héhé

  8. 2009 août 22

    il faut citer à présent les personnalités heteros

  9. 2009 août 29
    L'étudiante lien permanent

    hmmm … à plat ventre ou à quatre pattes ?

  10. 2009 octobre 29
    la caro lien permanent

    mais… et FREDDY MERCURY ????

    (déception)

    oui, c’est mon premier post, je reprends le blog du début pour le lire en entier.
    et j’aime bien, vraiment.

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