Ce message s’adresse au Président de la République, Monsieur Kim Jong-il Nicolas Sarkozy.
Monsieur le Président,
Lorsque vous avez décidé de nommer Rama Yade au gouvernement, vous l’avez fait pour plusieurs raisons.
Rama Yade est une femme. Vous vouliez assurer la parité au sein de votre Gouvernement. Rama Yade est jeune. Vous vouliez abaisser la moyenne d’âge des Ministres, donner de votre présidence une image dynamique et différente des précédentes. Vous espériez obtenir ainsi des idées nouvelles, modernes, renouveler les codes ancestraux de la politique auxquels s’accrochent de leurs ongles mycosés tous les vieux croûtons de ce milieu. Enfin, Rama Yade représente une minorité visible. De la même façon que vous étiez fier de votre ouverture à gauche grâce à l’autre couille molle, vous étiez fier de votre Gouvernement-United-Colors-of-Benetton. Et vous savez quoi, vous aviez raison. A ce moment précis de l’histoire de votre Présidence, j’ai, naïvement sans doute, cru en vous, en votre gouvernement et j’ai même été émue en lisant le nom de vos Ministres (on passera sur la crise d’urticaire qui est apparue quand j’ai lu le nom de Christine Boutin).
Malheureusement, Monsieur le Président, tout cela n’était que de la poudre aux yeux. L’ami Bernie s’est révélé être le meilleur pantin de la Vème République, se transformant en l’homme invisible et de surcroît, muet, dès les premiers jours de sa prise de fonction. Réalisant ainsi la prouesse de foutre en l’air une carrière jusqu’alors honorable en pensant lui faire atteindre des sommets. Bad beat, Bernie. Fadela Amara s’est, quant à elle, transformée en un pot de fleurs (fanées), Rachida Dati a glissé sur le toboggan qui se cachait tout en haut de la montagne qu’elle avait escaladée à la sueur de son culot et Martin Hirsch s’est endormi.
Rama Yade, elle, est restée fidèle à sa mission. Elle n’a pas déçu les optimistes en mon genre, mais surtout, elle ne vous a pas déçu, vous, Monsieur le Président. Elle s’est démarquée, elle a agit comme une Secrétaire d’Etat aux droits de l’homme devait agir, écrabouillant ainsi son minable Ministre de tutelle de l’époque, trop bien briefé, trop attaché à ses nouvelles fonctions, trop lâche pour dire ce qu’il pensait sans nul doute avant le lavage de cerveau auquel il s’est soumis de bonne grâce, trop honteux et mal à l’aise de la position dans laquelle il se vautre depuis plus de deux ans avec un dédain écœurant pour tout ce qu’il a défendu dans le passé. Rama Yade n’a jamais hésité à mettre les droits de l’homme en avant dans son action, aux Nations Unies en défendant les droits des homosexuels, en banlieue parisienne en se rendant auprès de squatteurs expulsés, en France en rappelant à Kadhafi les valeurs du pays dans lequel il arrivait la tête haute et le torse bombé. Rama Yade a, à elle seule, préservé le peu d’honneur qu’il restait à la France après ce malheureux épisode diplomatique et a montré au monde entier ce qu’était une démocratie : un pays où les membres d’un gouvernement peuvent exprimer librement et ouvertement leurs désaccords avec la “ligne officielle du régime”, même lorsqu’il est question de pétrole.
Quand on veut un gouvernement d’ouverture, quand on se targue d’y avoir nommé des jeunes, il ne faut pas s’étonner d’être mis en défaut. Il faut s’en réjouir. C’est ce qui aurait pu faire votre force face à l’opposition et vous distinguer sur la scène internationale. Les petites phrases chocs que Nikita Khrouchtchev François Fillon se plaît à répéter depuis quelques jours (“on ne peut pas être au gouvernement et en opposition avec la ligne gouvernementale” ; “j’ai fait savoir à la secrétaire d’Etat ce que je pensais de la méthode qui consiste à se désolidariser de son ministre. Il faudra en tirer les conséquences le moment venu”), ne vous mettront jamais autant en valeur qu’en acceptant la critique de la part d’un membre de votre équipe, même s’il est question des privilèges que vous tentiez d’accorder à votre dauphin. En muselant une voix discordante, votre action ne brillera pas davantage que celle de vos prédécesseurs dans les futurs livres d’histoire et votre gouvernement d’ouverture sera jugé comme une grande farce de façade cachant une réalité bien conventionnelle.
Quelqu’un a d’ailleurs dû vous le souffler, avant que vous ne procédiez au remaniement ministériel qui l’épargna tout en la faisant passer de ce beau poste de Secrétaire d’Etat aux droits de l’homme à celui de Secrétaire d’Etat au Sport. Un désaveu peu camouflé. Un gentil lot de consolation après que l’homme invisible du Quai d’Orsay soit parvenu à renier le travail d’une vie en une phrase : “il y a contradiction permanente entre les droits de l’Homme et la politique étrangère d’un Etat, même en France”. Vous l’avez donc reléguée au Sport, la petite. Subtil. Elle allait enfin se tenir tranquille. Et pourtant. La voici qui refuse ce qu’elle appelle un “parachutage ethnique” pour les prochaines élections et qui se désolidarise de sa nouvelle Ministre de tutelle, la flamboyante Roselyne, à propos des avantages fiscaux des sportifs de haut niveau, se mettaint ainsi à dos la quasi-totalité du gouvernement et de la majorité, avec en tête de cortège, Philippe Pétain Nadine Morano.
[Avant de poursuivre, je voudrais faire une petite parenthèse sur cette Personne. Ceux qui me connaissent ou qui me lisent régulièrement doivent penser que je suis sous lexo ou sous la menace d’une arme pour parler d’Elle de façon si modérée. Pour être honnête, je crains, si je ne dis le fond de ma pensée, que mes co-bloggeurs et moi-même risquions notre vie, et surtout celle de C’est la Gêne. Je ne voudrais pas non plus encourager nos commentateurs à insulter la Madame car on risquerait de nous torturer pour que nous fournissions des adresses IP. Je vous enjoins donc de rester modérés et de ne RIEN dire sur Le Führer Son Altesse Sérénissime, sinon elle nous attaquera tous en justice. Et comme nous n'avons pas (encore) les mêmes moyens que YouTube et DailyMotion contre lesquels elle a déjà porté plainte, on va se tenir à carreau.]
Pour en revenir à notre sujet, celui de la possible éjection de Rama Yade, au profit, certains l’avancent, de David Douillet, tout fraîchement élu député et dont les lourdes valises verbales commencent aussi à faire leur apparition, je vous supplie de me dire, Monsieur Sarkozy, que vous n’allez pas échanger cette jeune femme politique pleine de volonté et de dynamisme pour un judoka (décérébré, comme sa profession l’indique) retraité, apparemment misogyne et homophobe ! (D’ailleurs, si c’est ce créneau qui vous intéresse, on peut aussi vous rancarder avec notre ami Nicollin)
Tout ça, sous prétexte que cette Madame Morano a repris à son compte des propos de Chevènement-la-gâtouille, pour conseiller à Rama de “fermer sa gueule ou de démissionner”, plutôt que d’exprimer un avis divergeant sur la politique menée par le Gouvernement. Mais où sommes-nous ? Et en quelle époque ?
Petit conseil à Madame Morano au passage : quand vous aussi, vous aurez fait votre temps dans ce gouvernement, ce qui au plus tard, arrivera dans deux ans et demi, vous pourrez toujours postuler auprès de Hu Jintao, je suis sûre qu’ils ont besoin de gens comme vous là-bas, pour mettre un peu d’ordre sur le Net et dans la vie politique. Non, je vous en prie, ne me dites pas merci.
Heureusement que certains, comme cette bonne vieille Roselyne, que je kiffe (je suis désolée de le dire, mais oui, j’adore Roselyne Bachelot, et non, ce n’est pas du second degré) savent modérer leurs ardeurs et voir où se situent les priorités. En effet, tandis que tout le gouvernement a sauté sur l’occasion, à l’exception de Xavier Bertrand (qui a même conseillé à Rama de ne pas répondre à Morano, histoire de ne pas s’abaisser au niveau de *****. Ah c’est dur!), pour conspuer la demoiselle Yade (elle ne s’intègre dans aucune équipe, elle joue perso, elle est capricieuse, indisciplinée, enfant gâtée, etc.), Roselyne, elle, a immédiatement cherché à apaiser la situation en répétant que l’incident était clos et qu’elle n’avait aucune difficulté à travailler avec sa Secrétaire d’Etat.
DONC. Alors que vous fêtez vos deux ans et demi au pouvoir, je vous en conjure Monsieur Sarkozy, ne virez pas Rama, elle défonce trop. En revanche si vous voulez des suggestions pour dépoussiérer, n’hésitez pas à me contacter, je me ferais un plaisir de vous conseiller.
Je vous remercie de votre attention.
P.S. : Chers lecteurs, si je vais en prison à cause de mes non-propos sur *****, vous m’apporterez des oranges et du Nutella (de préférence par pots de 440gr) ?
Il y a quelques mois, cestlagene.com naissait d’un constat véritablement apocalyptique: le monde et ceux qui en provoquent les soubresauts s’enfoncent chaque jour un peu plus dans le ridicule, en faisant de nous les témoins de leurs grotesques chimères. Dans ces torrents de gêne, ce site se propose modestement de montrer la voie et ainsi, jouer les garde-fous en épinglant personnalités du monde médiatique et politiques ayant perdu tous leurs repères moraux, psychologiques et capillaires.
A l’heure où la gauche n’a jamais été aussi divisée, où la droite emmenée par un petit caïd hypertendu n’en mène pas large. A l’heure où le Premier Ministre engueule sa ministre des sports comme s’il s’agissait d’un cancre trop bavard, faisant d’elle la nouvelle passionaria de l’opposition. Bref, à l’heure où la classe politique semble avoir définitivement abandonné les français à leur triste sort. Un homme s’est dressé et a décidé que ça commence à bien faire. Cet homme nouveau providentiel, c’est Robert Hue.
Avant d’aller plus loin, qu’il me soit permis de commettre une petite digression d’ordre cinématographique (parce qu’il n’y a pas que les pyromanes sodomites qui ont le droit de parler de cinéma) sur ce qui fait, selon moi, l’essence d’un personnage comique, car le personnage Hue semble en tout point, correspondre à cette grande famille d’antihéros aussi vieille que l’art de raconter des histoires.
Le personnage comique, qui est le plus souvent doté d’une apparence grotesque, est un être dénué de toute acuité; ce qui le caractérise, pour le plus grand bonheur du spectateur, c’est qu’il ne voit pas. Charlot ne se rend pas compte que son accoutrement et sa démarche sont autant d’obstacles à une vie sexuelle équilibrée et à l’obtention d’un emploi stable; François Pignon n’imagine pas une seule seconde qu’il est l’homme le plus con de France; l’inspecteur Clouseau pense sincèrement incarner la loi et l’autorité. Tous ces imbéciles géniaux devenus mythiques ont une chose en commun: ils ignorent que des millions de personnes rient de leurs moindres faits et gestes; c’est ce décalage avec le reste de la communauté des hommes qui fait paradoxalement d’eux des personnages tragiques voués à la solitude.
Et bien pour Robert Hue, c’est un peu la même chose. Le matin, lorsqu’il se regarde dans la glace pour tailler son collier de barbe – là où les autres ne voient qu’un gros patapouf qui se serait évadé de sa célèbre confrérie à la suite d’un énième râteau essuyé auprès d’une Blanche-Neige comateuse mais déterminée – son reflet lui renvoie l’image d’un homme mandaté par les dieux, un leader hors du commun ayant les épaules suffisamment larges pour mener une des plus grandes nations occidentales vers plus de justice sociale.

Robert Hue ne se doute pas qu’il faisait rire la France entière dés qu’il se montrait sur un plateau télé, lorsqu’il était secrétaire géneral du Parti Communiste Français. Je crois que l’autre élement comique du personnage tenait dans le contraste entre sa bonhomie naturelle et la violence de l’héritage idéologique dont il se réclamait (Robert Hue au PC, c’est un peu comme si Winnie l’Ourson s’était spontanément engagé dans la Stasi). Toutes ces années, on sentait bien que Robert le débonnaire n’était pas très à l’aise entre une faucille très ébréchée mais toujours coupante et un marteau trop lourd à porter. Il a d’ailleurs fini par se retirer de la vie politique laissant un PC exsangue.
Tout comme Bernard Minet et Corbier, on se demandait ce qu’il était advenu de l’ami Robert Hue. Certains racontaient qu’il s’était dégotté un travail de moussaillon sur un baleinier islandais; d’autres pensaient qu’il avait fini par reformer son légendaire groupe de rock, Les Rapaces, sous le pseudo de Willy Balton et qu’il passait désormais son temps à saccager ses chambres d’hôtel Ibis entre deux cures de désintoxication.
En réalité, Robert n’est jamais parti. Il préparait, depuis tout ce temps, son come back. Béni par toutes les déesses staliniennes et fort de son expérience, Robert revient aujourd’hui, la silhouette taillée dans un bloc de granit et doté d’une arme irrésistible: le Mouvement Unitaire Progressiste, le MUP, donc. Le but affiché est de séduire les électeurs de gauche en déshérence et de créer, selon ses propos, “le plus grand commun multiplicateur de gauche. Au contraire de ceux qui soustraient, qui divisent ou qui n’additionnent que leurs ambitions personnelles, nous on veut multiplier.” On sent bien dans cette subtile métaphore mathématique l’influence philosophique de Lao Tseu et Marc Aurèle.
Mais quel est donc le grand projet de Robert Hue, armé de son MUP flambant-neuf?
Roulements de tambour. Les élements se déchaînent. Les animaux, dans leurs, cages, deviennent fous.
Et bien Robert propose de baisser le budget alloué à la défense et d’augmenter de manière significative le SMIC.
Voilà. Ah j’oubliais un autre truc. Dans un accès de lucidité, Robert a compris que les français, même sous hypnose extra-terrestre, ne l’éliraient jamais en tant que président (bon ok il y a 2 ou 3 personnes qui ont voté pour lui dans le temps, mais les merguez sont si délicieuses à la fête de l’Huma qu’il s’agit moins d’un vote militant que d’un témoignage de reconnaissance du ventre). En conséquence, il se propose de supprimer purement et simplement l’élection présidentielle au suffrage universel direct afin d’en finir avec le culte de la personnalité présidentielle et “l’hyperpersonnalisation du pouvoir” qui n’amènent jamais rien de bon.
Donc, je récapitule: un nouveau parti politique baptisé MUP; pas de président-dictateur qui déchaîne les passions mais un collège composé de sages nains de jardin à la place; quoi d’autre? Ah oui, on baisse le budget de la défense et on augmente le smic parce qu’on est des progressistes. Je crois que j’ai fait le tour.
Ah oui, j’oubliais; ce nouveau parti politique s’appelle le MUP.
MUP.
J’ai essayé, j’ai lutté, j’ai résisté sans relâche, et pourtant me voici, abordant ce sujet que j’ai tant voulu ignorer. Depuis des semaines, je mets les doigts dans mes oreilles (à défaut de les mettre dans une prise) quand je vois la petite frimousse sympathique d’Eric Besson à la télé, et je chante, fort (tout sauf la Marseillaise bien sûr, donc ça va de I’m a slave for you à La maladie d’amour), pour ne pas l’entendre.
Mais depuis lundi matin, comment lire autre chose, comment entendre autre chose ? Tout le monde en parle, partout, et un sentiment de gêne intense semble peser sur ce débat. Ces diverses manifestations de gêne étaient de toute évidence des appels pour que NOUS en parlions. Le blog C’est la Gêne a donc le regret de vous annoncer qu’il se saisit, lui aussi, de ce débat sur l’identité nationale et qu’il en transmettra évidemment les résultats (c’est-à-dire vos commentaires) à Eric Besson. Car voici que notre Ministre de l’immigration lance ce grand débat ouvert à tous, tout enjoué, comme il lancerait un débat sur la barbe-à-papa (on la garde rose, ou on passe au bleu ?). Les objectifs ? Personne ne le dit clairement, si ce n’est que cela répond à une promesse de campagne de Sarkozy. Ok, très bien, mais que vont-ils faire des résultats ? Et pourquoi ? A quoi sert ce débat ? Pourquoi est-ce que l’on doit aussi parler de l’apport de l’immigration à l’identité nationale ? Si cet apport est jugé nul ou insuffisant, selon des critères purement arbitraires, on ferme nos frontières ? Ou alors on se servira de ces résultats pour n’en fermer que quelques unes ? Désolés, les bicots, les français préfèrent Ikea au couscous donc on ferme au sud et on ouvre au nord.
Parce que, soyons sérieux, la Marseillaise dans les écoles et les cours d’instruction civique pour savoir ce qu’est une République, comment ça fonctionne et quels en sont les fondements, ça existe déjà. Pas besoin d’un débat de trois mois pour en arriver à la conclusion qu’il faut enseigner l’hymne national aux enfants et leur apprendre ce qu’est le suffrage universel. Donc qu’attendent-ils de nouveau ?
Selon les premiers sondages, les principaux éléments constitutifs de l’identité nationale sont la langue, la République, le drapeau, la laïcité et la Marseillaise. Ah. La Laïcité. Tiens, tiens. Mais la laïcité, ça fait partie de la République, donc des cours d’instruction civique et d’histoire si mes souvenirs sont bon, non ? A moins qu’ils décident de creuser encore un peu sur ce sujet et que ça les mène naturellement à des questions de religion, et donc, par le plus grand des hasards, à celle qui est indirectement visée par cet exercice hypocrite, l’Islam. Donc la fermeture des frontières ne serait pas justifiée uniquement par un désaveu récent du couscous lié à un autre débat sur les graisses saturées mauvaises pour la santé, mais plutôt au refus du communautarisme qui met en danger le traditionnel et inébranlable assimilationnisme français.
Ce faux débat qui va très probablement se focaliser sur ces questions de laïcité et de religion me gêne profondément. Parce que je ne vois pas d’autre raison de le mener que de décréter qu’une immigration excessive (en provenance d’un continent en particulier) met en danger les fondements mêmes de notre identité nationale, qui se révèlera évidemment incompatible avec le port du voile et l’égorgement du mouton une fois par an.
C
ar qu’est-ce que l’identité nationale au juste ? Est-ce que c’est vraiment la Marseillaise et le drapeau ? C’est indubitablement la langue, certes, mais une langue, ça s’apprend, ce n’est pas une raison pour exclure ou fermer ses portes. Sinon, dans ce cas, vu l’anglais que baragouine la majorité des Français il faudrait expulser tout de suite tous ceux qui vivent aux Etats-Unis et en Angleterre. Le drapeau, c’est bien gentil, mais on en fait quoi ? A part reconnaître que c’est celui de notre pays, on ne s’enroule pas dedans pour faire notre marché. De même, la Marseillaise, c’est mignon d’en connaître les paroles et de ne pas la siffler comme certains abrutis, mais après ? Personne ne la chante le matin dans le métro, la main sur le cœur. Est-ce vraiment cela qui fait notre identité ? Est-ce ainsi que l’on peut reconnaître, « identifier » un Français parmi une foule de non-Français par exemple ? Tiens, lui, je sens qu’il se récite du Rouget de Lisle dans sa tête, là, maintenant, c’est sûr c’est un Français. Non, soyons un peu sérieux. Concentrons-nous sur les spécificités françaises et par sur des concepts abstraits comme l’hymne et le drapeau. Il y a quelques années, au même titre que le drapeau, certains auraient mentionné le franc. Le franc a disparu, en sommes-nous moins Français pour autant. Diable, non ! Autre exemple, Marianne, l’allégorie de la République. Fut un temps où Marianne était incarnée par des femmes comme Deneuve et Bardot, maintenant c’est Evelyne Thomas. Bon, ben on oublie ce concept à la con de Marianne parce qu’il nous met un peu dans la gêne là, mais on n’en est pas moins Français non plus. Tout ça, ce ne sont que des symboles. Ce n’est pas ce qui nous définit et nous différencie. Donc une fois que tout le monde aura fait le tour de ces symboles à l’importance toute relative, le grand débat de gêne nationale va très vite ressembler à une réunion interne du FN, à la grande satisfaction de certains.
Pourtant, si l’on se pose les vraies questions, la laïcité, concept important s’il en est, n’est pas non plus ce qui nous « identifie ». Si l’on en croit la littérature américaine par exemple, ce qui nous caractérise en tant que Français est beaucoup plus terre-à-terre, beaucoup plus concret. Nous sommes, en effet, vulgaires et minces. Nous sommes aussi des pochtrons qui tentons de justifier notre alcoolisme national par de supposés bienfaits sanitaires. Nous travaillons peu et passons notre vie en vacances. Nous mangeons des escargots et des grenouilles et des jambons-beurre-baguette toutes les deux minutes, avec un béret sur la tête, évidemment. Nous sommes supérieurs et arrogants et agressifs en voiture.
Du coup, si on veut renforcer l’identité nationale, Monsieur Besson, sans exclure personne, il y a plusieurs choses qu’il est essentiel d’enseigner dans les écoles en plus de la Marseillaise et des cours d’instruction civique :
- Jurer, au moins trois fois par jour, en diversifiant son vocabulaire au maximum. Un petit échantillon pour démarrer : bordel de merde, putain de flic à la con, enculé de ta race de Français de merde, j’te nique ta mère fils de pute.
- Grogner et insulter tout particulièrement en voiture. Ou, à défaut, dans tout autre moyen de transport.
- Rester mince tout en mangeant un jambon-beurre par jour, en cuisinant le reste dans du beurre fondu, le tout arrosé de pinard.
- Nous sommes les plus forts, les plus beaux, les plus intelligents de la planète et nous pouvons allègrement prendre de haut le reste du monde.
- On ne travaille pas au-delà d’un certain nombre d’heures par semaines, à moins de se rattraper en glandant le vendredi après-midi. Sinon, on fait grève. Et surtout, on passe le mois de mai en week-end, et le mois d’août en état de léthargie avancée.
Voilà, vous êtes contents Monsieur Besson ? On peut retourner à des activités dénuées de gêne, maintenant ?
Comme certains d’entre vous s’en doutent peut-être, je suis homosexuel. Ce qui signifie que j’aime les comédies musicales, Madonna et AbFab. Ce qui signifie également que je hais viscéralement le football. Je n’y peux rien, c’est dans mes gènes, comme dirait Nicolas Sarkozy. Il suffit que quelqu’un évoque le foot au cours d’une conversation pour que je lui vomisse instantanément au visage. La simple vision d’un ballon rond suffit à me faire convulser. Je hais avec ferveur ces joueurs à l’oeil bovin et aux coiffures problématiques, leurs maillots stupides, et leurs cruches de femmes. Et aussi les supporters dégénérés qui incarnent mieux que personne toute l’étendue de la connerie humaine, les commentateurs demeurés qui jouissent comme des truies en rut des que la baballe touche le filet, et cette coupe du monde qui me casse les couilles tous les 4 ans avec son I Will Survive tout moisi et son lot de nationalisme enragé: “ON A GA-GNÉ !“. J’ai rien gagné du tout, et je t’emmerde, merci bien.
Et surtout, plus que tout, je hais TOUS mes profs d’EPS, et je souhaite ardemment la mort de chacun d’entre eux, particulièrement celle de cette vieille salope de Madame Gendre. Donc, Madame Gendre, si vous me lisez, j’espère que vous rôtirez bientôt en enfer, et qu’on vous forcera à courir autour de ce putain de stade pour le restant de l’éternité.
C’est donc sans aucune espèce d’à priori que je vais vous parler de Louis Nicollin, le président de l’équipe de Montpellier (et non, je ne connais pas le nom de son club miteux, je m’en branle). Ce cher “Loulou”, dont le physique m’a immédiatement évoqué celui d’un dugong obèse, est au coeur d’une polémique qui fait rage dans le monde merveilleux du sport depuis un match disputé contre Auxerre samedi soir dernier, à l’issue duquel il a qualifié le joueur Benoît Pedretti de “petite tarlouze“, et a eu des propos menaçants à son égard. Ne me demandez pas pourquoi, je n’ai pas cherché à comprendre, mais jugez plutôt:
Heureusement, après avoir fait reposer ses couilles quelques heures dans le bac à glaçons, il s’est “excusé” dans les pages de L’Equipe. Et c’est là que ca commence à devenir sublime. «On a le droit de s’exprimer à la fin du match quand même. Ce que j’ai dit ne regarde que moi, Benoît Pedretti et Jean Fernandez. On peut se parler, se dire les choses. On est des hommes, pas des gonzesses.»
CLASSE! Ça non, mon Loulou, t’es pas une gonzesse toi, t’es un homme, un vrai, un macho, un qui met ses burnes poilues sur la table, un qui paye de putes pour pouvoir se servir de sa nouille, parce qu’avec ta sale tronche de gros lard ulcéré, c’est sûr que ça n’a pas dû être facile tous les jours. Pour preuve, cette déclaration élégante du 24 avril 2007:
“Mes joueurs, je les paie plus cher que mes maîtresses. Et mes maîtresses au moins, elles me régalent la chique”.
Ou encore:
“Si on se marie, c’est pour avoir des enfants, c’est pour assurer une famille. Il ne faut pas que ce soit une connasse. Les connasses, on les tire avant et l’on s’amuse avec. Comme il y a plus de connasses que d’intelligentes, il faut faire un choix… “
Je me demande combien de temps le gros Loulou met pour concocter ses phrases choc, qui ont sans doute beaucoup de succès auprès de tous les poivrots édentés des bars PMU de notre cher pays. Parce qu’apparemment il en a des brouettes, des perles de ce genre, pour pouvoir porter sa beauferie à bout de bras comme un étendard : “Mes fils, je préfère qu’ils soient nés dans le sport, plutôt que dans la musique classique. Parce que ça, ça me fait chier. J’ai rien contre. Mais je préfère regarder un match de curling qu’écouter du Mozart.”
Mozart et le curling, une comparaison fort pertinente. Mais t’as bien raison mon gros Loulou, Mozart, c’est un truc de tarlouze. Imagine le déshonneur si un de tes garçons décidait de composer de la musique qui ferait vibrer le monde entier plus de quatre cent ans après sa mort! La honte! Alors que payer des attardés pour coller un ballon dans un filet, ça c’est un destin. Heureusement qu’on en a, des vrais hommes comme toi, qui font avancer l’humanité à grand pas. A l’image cette déclaration que tu as faite, en réaction à la diffusion dans les stades d’un clip contre l’homophobie:
« Un clip sur le racisme, je suis prêt à le passer dès demain matin. Mais sur l’homophobie… Après ce sera quoi ? Les femmes battues ? (…) Si la maire me demande de le passer, je le ferai. Mais je préférerais montrer des filles à poil… »
C’est vrai ça, les femmes battues, manquerait plus qu’elles la ramènent! Et puis quoi encore? Un jour on nous demandera de donner le droit de vote aux greluches et de supprimer la peine de mort pour les pédales! J’te jure, Loulou, où va-t-on? A la limite, pour satisfaire tout le monde, on pourrait montrer des femmes battues ET à poil. Un oeil au beurre noir et un doigt dans la chatte, ça pourrait le faire, hein mon cochon?
Au fait, je viens d’apprendre en consultant ta fiche Wikipedia que tu étais le dirigeant d’un ensemble d’entreprises de nettoyage urbain, de ramassage et de retraitement des déchets ménagers et industriels. Serait-ce trop de te demander de t’auto-jeter aux ordures?
Lauréate du Prix Goncourt, prix littéraire le plus convoité de France, depuis quelques heures à peine, Marie NDiaye parlait en ces termes de Trois femmes puissantes, roman qui vient de lui valoir la consécration : « J’ai construit ce livre comme un ensemble musical dont les trois parties sont reliées par un thème récurrent. Ce thème, c’est la force intérieure que manifestent les protagonistes féminins. Norah, Fanta, Khady sont reliées par leurs capacités communes de résistance et de survie »
Alors je crains de ne pas avoir lu le bon livre, dans ce cas. Un ensemble musical ? Tu veux plutôt dire une compilation musicale ? Parce que ce que je vois dans ce livre ce sont trois histoires, artificiellement reliées entre elles, qui n’ont pour fil directeur que le lien entre la France et l’Afrique. Car dire, en effet, que les protagonistes principaux sont des femmes, est un abus, dans la mesure où la deuxième histoire, également la plus longue et accessoirement la plus chiante, ne parle de Fanta qu’à travers son mari complètement névrosé, qui n’a de cesse de la harceler (et nous avec) pendant plus de 100 pages parce qu’il ne se remet pas qu’elle l’ait trompé. Avec son patron. A lui. Donc forcément, il est un peu pas content le Monsieur et il nous emmerde pendant la moitié du bouquin. Bref, Fanta, on lit son nom, on ne peut pas s’empêcher de l’imaginer orange et à bulles, tandis que son mari ne cesse de penser à elle, de l’imaginer avec son amant et de se demander si elle va le quitter. On attend qu’elle réponde au téléphone, mais en vain. Voilà ce que l’on sait de Fanta. Est-ce suffisant pour parler de sa capacité de résistance et de survie ? D’un destin de femme. Permettez-moi d’en douter. Cela constituerait moins un problème si cette histoire n’était pas aussi ennuyeuse. J’étais donc contente de passer à la suivante, et malheureusement résignée à ce qu’on ne revienne plus à la première. La première histoire, celle de Norah, est de loin la plus intéressante et la plus riche de ce récit, mais elle m’a laissé un goût amer car je l’ai regrettée pendant les 200 pages suivantes. J’étais curieuse de savoir ce qui allait se passer entre son père et elle, ainsi qu’avec son frère, son mari, tous ces hommes-boulets dans sa vie. Curieuse de savoir pourquoi elle avait oublié certains éléments de son passé, curieuse de savoir ce que son père faisait, perché dans son arbre, son flamboyant, tous les soirs. J’adorais la fantaisie, le mystère et les incertitudes de ce récit. Mais Marie abandonne Norah et Norah nous abandonne. On se retrouve à la place avec cette non-entité de Fanta puis avec Khady, la martyre du troisième récit, qui va se détruire pour essayer de passer en Europe sans vraiment jamais le savoir ni le vouloir. Force intérieure indubitable, mais résistance ? Survie ? Mouais, mais on s’en fout en fait.
Bon alors je ne dis pas qu’elle ne le méritait pas, le Goncourt, à vrai dire je n’en sais rien, c’est le seul que j’aie lu parmi les quatre derniers en lice, et je n’avais lu que Mauvaise fille, le Justine Lévy qui faisait partie des premiers sélectionnés. Personnellement, je n’aime pas le style de NDiaye, je n’aime pas ses phrases longues, lourdes et alambiquées, je trouve même qu’elles frôlent parfois la maladresse, dont seul le sceau Gallimard sur la couverture me fait douter (et oui, les à priori sont bien ancrés). J’aime bien en revanche le côté fantaisiste et un peu étrange qui apparaît à certains moments, j’aime bien la façon dont elle crée une ambiance et une atmosphère. Mais je n’aime pas deux sur trois de ses histoires. Je suis donc partagée, curieuse (ou pas) de lire d’autres Marie NDiaye. Mais j’attendrai d’avoir fini la Comédie humaine, parce que finalement, c’est un des seuls moyens de ne pas être déçu. Il est en tous cas certain que Ndiaye le méritait davantage que Lévy qui, dans un style que j’apprécie beaucoup plus et avec pas mal d’humour, n’en finit plus de nous raconter sa vie. C’est pas mal l’autofiction, c’est pas mal aussi l’écriture de soi, mais au bout d’un moment il va falloir faire preuve d’imagination, Juju, sinon on risque de croire que tu n’as rien à dire, trop occupée que tu es à ne pas t’en remettre d’être la fille de BHL et d’avoir partagé quatre-consonnes-et-trois-voyelles avec la Première dame de France (ça fait mal, hein ?), aka Terminator.
Donc, non, je ne dis pas qu’elle ne le méritait pas, je me demande simplement si elle a vraiment reçu ce Prix pour les bonnes raisons. Comment expliquer que tout le monde se doutait, voire savait, qu’elle le recevrait, dès que son nom est apparu parmi les auteurs en lice, devenant immédiatement la favorite ? Avant même que son livre ait été lu. Est-ce politiquement incorrect de supposer que son nom, ses origines, le fait qu’il s’agisse d’une femme parlant de femmes, et le continent sur lequel se passe la majeure partie du roman, le tout validé de l’incontestable estampille Gallimard, ont quelque chose à voir avec le choix de la lauréate ? Pour une fois je ne fais que supposer, que suggérer, parce qu’il est indéniable que Marie NDiaye fait partie du paysage littéraire français actuel et qu’elle n’est pas moins légitime qu’un ou une autre en tant que lauréate du Goncourt. Mais j’aime bien dire ce que je pense et que beaucoup pensent sans oser le dire. Et puis aussi, je dois le reconnaître, parce que ça me fait un peu mal de penser que ce livre a reçu le même prix que Les Mandarins ou La vie devant soi.
Ah oui, et puis Beigbeder (dont j’ai déjà dit ce que je pensais de son Roman français ici) a eu le Renaudot. Faut-il feindre la surprise là aussi ?
En regardant le clip de 3, la dernière chanson de Britney Spears, je me suis cru transporté dix ans en arrière.
Il me semblait pourtant que Britney s’était mariée (deux fois si on compte sa coûteuse escapade à Las Vegas), avait eu deux enfants, avait divorcé, avait consommé tout ce qui se trouvait dans son armoire à pharmacie, s’était rasé la tête, avait eu des ennuis avec la justice, avait oublié sa culotte plus d’une fois en sortant de chez elle, avait tabassé des journalistes à grands coups de parapluie, et était passée du statut d’America’s Sweetheart à celui d’épave la plus observée du globe. Apparemment pas: la Britney 2009, telle qu’elle apparaît dans ce clip, ressemble à s’y méprendre à la Britney 1999. Même mine d’adolescente faussement en chaleur, même voix de Daisy Duck enrhumée, même chorégraphie tapinante usée jusqu’à l’os, même tube à ressorts signé Max Martin, le producteurs de ses débuts.
Seule nouveauté, l’éloge du triolisme, parce qu’après avoir épuisé toutes les métaphores sexuelles du Kama Sutra de la bibliothèque rose (If U Seek Amy, hahaha, très fin, non vraiment), fallait bien trouver quelque chose. Non pas que Britney ait l’air particulièrement convaincue par les vertus du ménage à trois. A vrai dire, il y a bien longtemps que Britney n’a plus l’air convaincue par grand-chose. Mais elle continue tant bien que mal de jouer les déesses du sexe dans ses clips alors que le monde entier sait que sa vie ne ressemble plutôt à ça:
Je reste perplexe. Comment est-il possible que sa musique et son personnage de scène aient aussi peu évolué en dix ans alors que sa vie a été un un grand huit digne des pires mélodrames ? Pourquoi ses tragédies personnelles n’ont elles pas entraîné la moindre ébauche d’évolution artistique ou stylistique ? Pourquoi est-elle la seule popstar moderne à ne pas avoir livré l’inévitable album-de-la-maturité ? Pourquoi, après l’incontournable mini-virage R’n'B, sa musique a-t-elle fait machine arrière pour revenir à la synthpop dont elle a fait le tour il y a bien longtemps? Et surtout, pourquoi personne ne trouve aberrant de voir cette mère de famille célibataire à la ramasse jouer encore et toujours les jouvencelles croqueuses d’hommes en petite tenue ? Le monde entier a beau savoir et se délecter du fait qu’elle n’ait plus rien à voir avec cette image grossièrement fabriquée, les décideurs de Britneyland™ continuent sans vergogne de vendre le même personnage, et les fans lobotomisés ne se lassent pas de faire semblant d’y croire. Comble de l’ironie, le clip particulièrement grotesque du précité If U Seek Amy:
Britney y fait sa pouffiasse au milieu de ce que l’on suppose être la fin d’une orgie, avant de revêtir son déguisement de parfaite petite épouse (avec mari, enfants et tarte aux pommes inclus) pour sortir de la maison et faire illusion devant la presse. J’imagine que les crétins qui ont imaginé cette pantalonnade se sont trouvés très malin et très sulfureux, mais le gag est qu’il s’agit là d’une représentation parfaite, mais inversée, de la vie de la star. A savoir une reine du lycée tout ce qu’il y a de plus conformiste, trop vite engrossée, lourdée par son beauf de mari, et coincée dans une vie pas bien glamour, qui continue de nous être présentée comme une femme fatale rebelle et fabuleusement décadente.
Ce qui semble confirmer que cette malheureuse créature n’a pas voix au chapitre dans la gestion de son image et qu’elle n’est pas grand chose de plus qu’un pantin que son entourage agite sous le nez de fans complètement décérébrés pour leur vendre des disques sur lesquels la contribution de la pauvre chose se limite maintenant à une vague présence vocale. Peu exigeants, ceux-ci ne semblent pas gênés outre-mesure par le fait que leur idole -jamais un grand talent, mais en son temps une présence énergique et enthousiaste- soit de plus en plus absente, de plus en plus inexistante au sein de son propre univers, réduite à l’état de zombie au centre d’une machine qui n’a plus vraiment besoin d’elle pour fonctionner, et qui ne s’arrêtera pas avant d’avoir extrait le dernier centime de son cadavre lessivé.
C’est pourquoi je propose aux fans de Britney Spears de célébrer les dix ans de carrière de leur déesse en bout de piste en n’achetant PAS son nouveau Best of The Singles Collection. D’abord parce que ça poussera peut-être cette feignasse à se casser un peu plus le cul la prochaine fois. Ensuite parce qu’elle a déjà sorti un Best of en 2004, et que deux Best of pour six albums, faudrait penser à pas trop se foutre de la gueule du monde, si possible. Egalement parce qu’elle n’a même pas fait l’ombre d’un effort pour la pochette, qui est encore plus cheap que les créations les plus laides de ses fans les plus handicapés. Et finalement parce que la voir arpenter les scènes et les plateaux télé du monde entier, l’oeil vide et le corps apathique, est une souffrance, et que si personne ne s’y met, on la subira encore dans trente ans, chantant Put your finger where you know sous respirateur artificiel, sous les cris déchaînés d’un public en délire qui continuera de la trouver très très en forme.
Je sais pas pour vous, mais moi je suis content d’être vendredi soir. Vraiment. D’abord parce que demain, c’est mon premier jour de repos depuis 21 jours (Workaholic? Hein? Quoi?), et ensuite parce que la semaine dernière nous a encore apporté son lot crispant de non-nouvelles, de mauvaises nouvelles, et de fausses bonnes-nouvelles. Et aussi parce qu’il fait froid et que j’ai peur d’attraper la Grippe A, mais ça, tout le monde s’en fout. Non, vraiment, je suis content d’être en week-end parce que j’ai décidé de ne pas lire les infos jusqu’à Lundi, c’est mon médecin, chez lequel je suis allé pour la 4ème fois en 3 jours hier (Hypocondriaque? Hein? Quoi?), qui me l’a conseillé. Les infos, ça fait monter ma tension. D’après lui, je suis incapable de rester détaché face aux idioties crasses de ce monde. D’après lui, j’ai aussi un problème avec mon père, mais en même temps, mon médecin il est généraliste, alors les remarques Freudiennes d’un médecin généraliste, j’ai tendance à m’en méfier. Mais quand je vois ce qui s’est passé cette semaine, je comprends que mon coeur ne tienne plus très longtemps:
- On l’a déjà assez dit sur ce blog, Kassovitz et Bigard, au sujet du 11 Septembre, sont ridiculissimes. Ils ont pourtant réussi l’exploit de dépasser le mur du con à force d’argumentaire bidon, mercredi soir, dans L’Objet du Scandale sur France 2. Le vrai scandale, n’est-ce pas ici pour Guillaume Durand de se prostituer en alimentant un débat creux et “sulfureux” comme il le dit lui-même, par des tenants d’une théorie du vide? Comme La Meuf me le remarquait l’autre jour “Durand, il pourrait aller vendre son cul Place Dauphine à ce point là, il n’y a plus aucune différence”. Outre cette recherche effrénée de sensationnalisme, moi, ce qui m’a frappé, c’est l’impression de déjà vu lorsque Bigard se lance dans l’exposé chronologique des événements du 11 Septembre 2001 en le ponctuant de divers “admettons” sentencieux. Ca m’a titillé la mémoire un moment, et puis la lumière s’est faite… Le mec raconte une des plus grandes tragédies de ce début de 21ème siècle comme il raconte son sketch de la “Chauve Souris”. Mais ce n’est pas tout. En revoyant le sketch sus-cité, je réalise avec effroi que le gros beauf en question s’y moque exactement de ce dont il est coupable aujourd’hui. A l’époque, il dit: “Moi j’ dis qu’ c’est un peu facile de foutre les jetons à tout l’monde, avec, finalement, la SEULE chance qu’on a de s’faire mordre, en occultant volontairement – excusez moi du peu – les 9 millions 999 mille 999 autres chances qu’on a de PAS se faire mordre.”. Et maintenant, hein? Tu trouves pas ça un peu facile de fanfaronner avec ta théorie sans pour autant n’avoir aucune autre version à proposer alors qu’il y a 9 999 999 chances pour que tu aies tort? Hein? Quand les journalistes leur demandent tout les deux s’ils savent ce qui s’est passé, ils répondent “Ah mais nous, on ne sait pas, on ne croit juste pas à la version officielle”. Et bien moi je dis comme ma maîtresse de CM2: “SI TU SAIS PAS TU FERMES TA GUEULE”, une fois pour toute. MERDE!!!
- Dieudonné a été (Alléluia) condamné à 10 000 euros pour “injures antisémites” lors de son passage remarqué sur la scène du Zénith avec Robert Faurisson. Une partie douteuse de la blogosphère, dont la plupart se retrouvent sur la plateforme que nous aimons appeler Maison (on se demande
d’ailleurs ce qui fait qu’un bon nombre de blogs les plus nauséabonds de la blogosphère française se retrouvent sur WordPress.com) s’est enflammée à cette annonce, lançant du “acharnement”, du “injustice” et du “ils bafouent la sacrosainte liberté d’expression”. L’un d’eux, c’est Allain Jules, un “pseudo” journaliste dont le fond de commerce sont ce qu’il appelle les “bombes”, les coups de gueule et les “scoops”. On passera sur le fait que ses scoops et ses coups de gueule sont systématiquement les mêmes que les nôtres, parce que ça fait aigri, et puis surtout que l’actualité n’appartient à personne. Par contre, ce que je ne laisse pas passer, c’est ça: Allain, mon chaton (tu permets que je t’appelle mon chaton? C’est ridicule et ça me fait bien plaisir de t’appeler par un nom ridicule), LA LIBERTE D’EXPRESSION ANTISEMITE ET RACISTE N’EXISTE PAS! NON mais SANS DECONNER! Tu te lances dans des tartines législativo-républicaines alors que le fond du problème, ce n’est pas si Dieudonné a le droit ou non de s’exprimer, mais s’il a le droit, ou non, d’exprimer un point de vue raciste et antisémite. LA LOI DIT QUE NON. Et puis c’est tout. Arrêtez donc de crier au bâillon de la liberté, Dieudonné, par ses prises de position et son discours est un délinquant (En plus d’être un malade mental), un point c’est tout. Et le défendre bec et ongle me conforte dans ce que je pense de vous et de votre liberté d’expression. Vous avez un grand point commun: la nuisance.
Ah et puis je m’arrête là parce que je vais me sentir mal…
Même pas en rêve. Alors tu lâches ce bout de saucisson, tu t’assois et tu écoutes gentiment ce que j’ai à te dire.
J’ai accepté beaucoup de choses de la part des agités du remake qui sévissent de part et d’autre de l’Atlantique; ceux qui, incapables de prendre le moindre risque sur des projets neufs, se contentent de passer à la moulinette tous les classiques du cinéma pour en faire du hachis parmentier micro-ondable, sous prétexte que le djeuns moyen est incapable de s’intéresser à une œuvre vieille de plus trois semaines.
Alors il a fallu subir de voir le couple le plus classe de tous les temps, Steve McQueen et Faye Dunaway, transformé en une paire de brushings ambulants, dans une resucée sans stars, sans split-screen, sans musique de Michel Legrand, donc sans aucune espèce d’intérêt, de la délicieusement sixities Affaire Thomas Crown. Puis endurer la vision de Sharon “j’aurais-vraiment-tout-essayé” Stone, réussisant, par la grâce de son non-talent, à rendre banale Gloria, un personnage mythique immortalisé par l’indépassable Gena Rowlands. Puis accepter l’idée que les équivalents contemporains de ces monuments d’élégance que sont Cary Grant et Audrey Hepburn sont un ouvrier en bâtiment et l’actrice la plus grossière du cosmos, en assistant au massacre de Charade de Stanley Donen. Ou encore souffrir de voir Canard WC et une sous-tapin des bas quartiers se prendre pour Norma Shearer et Joan Crawford dans une sitcom grand écran supposément basé sur Femmes, le chef-d’oeuvre de George Cukor.
A tel point que j’ai fini par me demander: à quand un remake de Bonnie & Clyde avec Hilary Duff ? En projet, apparemment.
En France, on a un peu plus de respect pour nos classiques ciné, et c’est plutôt les grand auteurs qu’on se plaît à hacher menu à la télé; en particulier cette vieille poubelle à cendres de Josée Dayan, qui n’a pas pris de gants pour fist-fucker Victor Hugo et Choderlos de Laclos à grands coups de Depardieu et de Deneuve.
Mais il fallait bien que quelqu’un s’engouffre dans la brèche, et ce fut Gérard Jugnot qui se chargea de nous rappeler l’état déplorable de notre cinéma, en nous expliquant, avec sa modestie habituelle, que le Jean Renoir du nouveau millénaire, c’est lui, et que Boudu sauvé des eaux, en 2004, ça n’est plus une irrésistible satire de l’esprit petit-bourgeois, mais bien une grosse comédie TF1 d’un conformisme à pleurer. Et c’est encore lui qu’on retrouvait au générique de la mise à sac de L’Auberge Rouge, essuyant ses gros pieds puants sur la mémoire de Fernandel, tandis que ses sinistres complices Balasko et Clavier se torchaient avec les grands rôles jadis tenus par les immenses Françoise Rosay et Julien Carette. Souffrance.
Et voilà, ma chère Mathilde, que j’apprends que tu t’es mis en tête de toucher à l’intouchable. A savoir, la plus grande actrice dont la France puisse s’enorgueillir. Voire la plus grande actrice du monde tout court. Pour les endormis du fond de la salle qui ne suivent pas, on parle de Simone Signoret. Et comme tu ne fais pas les choses à moitié, tu as jeté ton dévolu sur son rôle phare, Casque d’or.
Mathilde, loin de moi l’idée de te vexer, mais dois-je te rappeler que Simone ressemblait à ça:
Et que toi, bien que photoshop t’ait fait perdre le sens de réalités, tu ressembles à ça:
Dans une certaine mesure, je me demande si tu ne serais pas plûtot à point pour faire Madame Rosa.
En passant, peux-tu me rappeler, chère Mathilde, la dernière fois que tu as vaguement fait l’actrice ? Non, je ne parle pas de mathildeseigner paresseusement sur les plateaux ou de dévoiler avec ta franchise coutumière les affres de ta vie privée en couverture de Gala, je parle de FAIRE L’ACTRICE. Ca te dit quelque chose ? Non, plus du tout ? Alors je sais bien que toi qui t’autosurnommes Jeanne Gabine, tu es convaincue qu’en tant que grande gueule et forte personnalité, tu n’as rien d’autre à faire qu’apparaitre sur un écran pour subjuguer ton public en délire, mais laisse moi te dire que tu te plantes. Il faut effectivement être Jean Gabin, ou Signoret, pour se payer le luxe d’être sublime en ne faisant rien, et c’est le genre de miracles qui se produit en général au bout de trente ans de carrière. Et toi, jusqu’ici, avec toute l’objectivité du monde, tu n’es ni Gabin, ni Signoret, ni même Pauline Carton ou Dominique Lavanant, à vrai dire, tu n’es même pas une actrice, tu es juste la charcutière la plus aimée de France.
Et je terminerai en te rappelant que la dernière qui a essayé de se hisser au niveau de la grande Simone, c’était ELLE. Dans ÇA. Le film qui a sonné le glas de sa carrière. Une carrière qui ressemble aujourd’hui à ÇA. Alors prends garde à toi.
C’est fini. On est tranquille pour une semaine.
Et tout ça pourquoi? Parce que c’est moins la solitude qui fait peur que l’image de celle ci. Elle est insoutenable pour ceux qui en souffrent tandis qu’elle est intolérable pour ceux qui la fuient comme une maladie contagieuse. Le mauvais film du samedi soir n’est qu’une maladroite tentative de masquer cette angoisse latente. La peur du bannissement étreint celui qui, entre deux pauses-café le lundi matin , n’a rien à répondre à 











