Ceci n’est pas une recette de cuisine. Ceci est une thèse de doctorat. Ceci est très sérieux.
Un soufflé est un mets, certes, mais pas uniquement. C’est aussi un phénomène assez largement observé parmi mes congénères et qui crée de nombreuses incompréhensions. “Faire le soufflé” (©La Meuf), ça signifie descendre plus vite que nous ne sommes montés. Une bonne illustration tant visuelle qu’auditive est le prout du kloug de M. Preskovic dans Le Père Noël est une ordure, dès que Thérèse tente de le couper.
Je suis un soufflé. Avec les hommes. Non, je ne leur pète pas à la face. Simplement, je m’emballe vite, je me gonfle toute seule dans mon coin, d’espoir et de certitudes, et d’un coup, sans prévenir, je redescends et plus rien ne peut me faire remonter. Souvent, par malhonnêteté je dis à mon entourage que je ne sais pas ce qui s’est passé, ça a fait pschitt, c’est tout. En réalité, si je suis parfaitement honnête, je connais toujours la ou les raisons de ce soufflé. Et elles sont à chercher parmi mes nombreuses névroses ainsi que parmi les problémances (©Le Pédé) de l’homme en face.
Pour celui ou celle qui est de l’autre côté et qui subit l’effet soufflé ça peut parfois être très perturbant, surtout pour ceux qui ne l’ont jamais vécu eux-mêmes, c’est pourquoi il vaut mieux savoir que ça existe et que personne n’est à l’abri de provoquer (le plus souvent à son insu) et d’être ainsi la victime d’un effet soufflé. Voici donc la raison pour laquelle j’ai décidé de vous parler de ce phénomène, dans une démarche à la fois altruiste et préventive mais aussi purement égocentrée. Et puisque beaucoup de mes copains et copines et collègues et voisins et génitrices persistent à me dire que je dois avoir un problème pour me dégonfler si souvent, j’ai pensé qu’il était temps que je m’explique.
Ainsi, le phénomène du soufflé pourrait être considéré, à tort, par ceux qui ne l’ont jamais vécu, comme un caprice d’enfant gâtée. Je veux un chien, je veux un chien, je veux un chien. On m’offre un chien, je lui lance deux fois la balle et je l’oublie sous un canapé, je l’ai eu, il ne m’intéresse plus.
Or, ça n’a rien à voir. La personne qui fait le soufflé est en général très déçue. C’est tellement mieux de rester tout gonflé et séduit. Et puis il n’y a pas d’effet soufflé pour un emballement minime. C’est pour cela que c’est tout aussi brutal pour celui qui le vit que pour celui qui en est la victime. Ce que je vais donc essayer de faire, pour le bien de la collectivité et parce que j’en ai un peu marre d’être un serial-soufflé, c’est d’analyser les raisons (les plus notables et fréquemment observées jusque-là) du prout, afin de pouvoir les prévenir ou éventuellement d’y remédier si tant est que la faute vienne de moi. Vous allez donc assister à un réel exercice d’honnêteté et d’introspection inédit de ma part et j’espère qu’on trouvera des réponses à mes questionnements (et accessoirement aux vôtres) et des arguments pour clouer le bec de ceux qui m’embêtent. Allons-y :
- L’Objet de mon Affection (OdmA) m’invite dans sa voiture et conduit avec les deux mains sur le volant à 10h10 comme on nous l’apprend en Auto école. Gérable à 18 ans et quelques jours, plus gérable à 30 ans.
- L’OdmA porte des chaussures aux lacets beaucoup trop serrés.
- L’OdmA mange des galettes de riz complet bio au petit déjeuner et ne comprend pas quand je lui parle de vraie nourriture.
- L’OdmA aime beaucoup, comme moi, les autobiographies, surtout que, dit-il, c’est pas facile pour un auteur de raconter la vie de quelqu’un d’autre. (Certes)
- L’OdmA décide de se faire poser des bagues (oui, sur les dents ! Et devant, même pas derrière !) à 30 ans ! Parce qu’elles ne sont pas assez parfaites à son goût ! Désolée, mais fallait y penser avant. A 13 ans par exemple. Quel toupet.
- L’OdmA est un intello qui n’oublie jamais qu’il en est un, même quand il dort. Tu es sérieuse, tu as vraiment une télé chez toi ? Tu as vraiment vu Titanic ? Tu écoutes ChérieFM et pas FranceCulture ? Tu n’as pas vu la dernière expo du Musée de la marine ? Au bout de dix minutes comme ça, j’ai explosé. Oui, oui, oui, j’écoute ChérieFM et j’ai même un disc de Richard Cocciante dans ma voiture, et je regardais Hélène et les garçons à 13 ans, et je t’emmerde et tu m’ennuies et je m’en fous de ton agrégation de philo, voilà, c’est comme ça ! Et puis Kant, il PUE DU CUL !!!!!!
- L’OdmA vous explique, au 2ème rendez-vous, qu’une Femme selon lui, ne doit jamais être en jogging, ni en jean, ni en baskets, mais doit toujours porter une jupe ou une robe, avoir un brushing, les pieds et les mains peinturlurés et les chaussures talonnées. Je glousse en pensant qu’il a beaucoup d’humour mais il ajoute : tu vas vraiment finir toutes les frites dans ton assiette là ? Euh non, en fait, je vais me les mettre dans le nez et dans les oreilles, ça fera de beaux bijoux. Et puis tiens, il en reste une, tu ferais bien de te la mettre dans le cul, ça te détendra.
- L’OdmA drague par messages Facebook. Jamais plus d’une phrase par message, jamais plus de trois mots par phrase, jamais moins d’une faute par phrase. Beaucoup d’onomatopées. Désolée, mais je ne fréquente pas d’analphabètes de plus de 6 ans.
- L’OdmA envoie des textos ridicules après le premier rendez-vous, du genre : j’ai passé un exquis moment (©L’Arabe) en ta compagnie et je suis impatient de te revoir, tu me manques déjà mon petit lapin en sucre. Et puis deux secondes plus tard : j’y suis allé un peu fort sur le texto non ? Euh ouais, un peu.
- L’OdmA se trouve sublime. Il se couche le soir en me demandant si je me rends compte de la chance que j’ai. Et se regarde dans la glace le matin en disant : suis pas mal, quand même non ? Alors que je me disais justement : il est vraiment moins bien que mon ex.
La liste dressée, il me semble désormais évident que le problème ne vient pas de moi. D’ailleurs il m’est bien arrivé 2 ou 3 fois de ne pas faire le soufflé. C’est bien la preuve que je n’y suis pour rien. Me voilà rassurée.
Je me souviens avoir fait un rêve, lorsque j’étais tout petit garçon.
Je rêvais que nous vivions, ma famille et moi, dans une société idéale. Les rues étaient incroyablement propres, les gens courtois. Dans mon rêve, nous portions tous – hommes, femmes et enfants – la même tenue vestimentaire: une combinaison couleur argent à densité thermique variable, un col en V et des bottes munies d’un système d’aération intégré. Les gens que je croisais dans la rue étaient tous aimables et sentaient bon le milk shake vanille. En fin de compte, mon rêve ressemblait à la Suisse.
Dans mon rêve, le brossage de dents du soir était passible de lourdes peines de prisons pour les parents qui auraient eu l’inconscience d’y acculer leurs bambins et regarder le film de 20h50, pour ces derniers, constituait une activité extra-scolaire hautement recommandée par le corps enseignant. A l’école, le rapport classe/récréation était inversé dans sa répartition: six heures de ballon prisonnier pour une heure d’histoire des civilisations extra-terrestres (mon hobby d’alors). A la cantine, nos repas ne se composaient plus de purée grumeleuse et de quenelles insipides, mais des mets les plus exquis: kobeba, mlukheya et baklawa pour le dessert (les spécialités de ma grand-mère).
Mais la chose la plus importante résidait dans le fait qu’en dépit de tous les signes de bonheur et d’harmonie que me renvoyaient les autres, nous n’en vivions pas moins sous une dictature.
Et le despote, c’était moi.
Les lois étaient dictées par moi. Et pour moi. Celle dont j’étais le plus fier, celle que j’avais imposé à mon Parlement fantoche, celle là même qui avait faillit déclencher une guerre civile entre les mioches et les schnoques, je l’avais baptisé Loi Suprême: l’interdiction formelle pour des adultes, sous peine de mort par contumace, d’administrer la moindre fessée à un enfant et cela, quel qu’en soit le motif (je continue de penser que la contumace est un effroyable engin de mise à mort).
Puis le songe prit fin, et le réveil fut douloureux. L’impitoyable autocrate redevint un simple morveux parfaitement vulnérable et sans la moindre assise politique. J’émergeais dans un monde où la fessée était religion d’état; les adultes ne juraient que par elle, et chaque jour, mes semblables et moi vivions sous la terreur de cette menace potentielle qui faisait de nous de pauvres créatures apeurées, cantonnées aux activités les plus basses.
Certes, une poignée d’entre nous, tenta bien, à une ou deux reprises, de se soulever. Ceux là clamaient qu’il nous fallait répliquer coup pour coup; bien des coffres à jouets furent, à cet effet, réquisitionnés et utilisés comme caches d’armes. D’autres, au contraire, pensaient que nous devions résister pacifiquement et emprunter les voies légales contre cette pratique moyenâgeuse. Une Grande Marche contre la Fessée faillit voir le jour, mais elle n’eut finalement pas lieu pour des raisons de logistique.
Plus de 20 ans après cette époque troublée, j’apprends qu’Edwige Antier, députée UMP et pédiatre de son état, a l’intention de proposer une loi interdisant l’administration de la fessée et je sens les larmes inonder mes joues. Je pense à toutes ces générations de martyrs au cul rouge qui espéraient que leur complainte soit un jour entendue.
Alors oui, cette loi n’en est pour le moment qu’à un stade embryonnaire mais elle n’en représente pas moins un gigantesque pas pour tous les braillards de la planète.
Même si je ne serai probablement plus de ce monde le jour où celle ci sera votée et bien conscient que Madame Antier n’évoque nullement la douloureuse question des réparations financières pour les descendants des victimes du martinet et de la ceinture, qu’il me soit néanmoins permis de rêver à un monde débarrassé une fois pour toutes de cette pratique d’un autre temps.
Jean-Jacques Rousseau l’a fait en 1769. Deux-cent quarante ans plus tard, je m’apprête à le faire devant vous. Me confesser. Me mettre à nu. Parce que voyez-vous, même les inquisiteurs du bon goût ont des choses à se reprocher. Et je ne fais pas exception à la règle. C’est pourquoi, dans une démarche de sincérité inégalée dans l’histoire de l’humanité, j’ai pris la décision de vous livrer mes secrets les plus effroyablement honteux. Mon panthéon de gêne personnelle. Mes casseroles les plus embarrassantes.
Je vous laisse donc me juger, mais avant de le faire, n’oubliez pas d’examiner votre propre conscience.
- Depuis quelques jours, j’écoute en boucle le dernier titre de Lady Gaga, Bad Romance. Si vous lisez ce blog depuis ses débuts, vous savez déjà que Lady Gaga est mon ennemie, et que rien ne me fait tant jubiler que de taper sur cette créature contrefaite et scandaleusement convenue. Et pour son nouveau single, la dinde a mis le paquet: production apocalyptique, vocodeur déréglé, grognements de truie, onomatopées consternantes (Gaga Oulala?), et, forcément, clip destiné a faire tourner de l’oeil même les drag-queens les plus exigeantes. Mais allez savoir pourquoi, ce morceau dégoulinant de nullité me réjouit complètement, et je l’écoute à m’en faire péter les tympans à toute heure du jour et de la nuit, à mon grand désespoir.
- Sur ma photo de profil Facebook, je suis sur un bateau, avec la mer derrière, les cheveux au vent, juste à côté d’un mec canon. Le prototype de la photo pathétique qui signifie regardez-comme-ma-vie-est-géniale-enviez-moi-s’il-vous-plaît-moi-et-mon-bonheur-tellement-parfait-que-je-n’ai-rien-d’autre-à-foutre-que-de-le-mettre-en-scène-pour-350-connards-dont-j’ai-à-peu-près-rien-à-foutre-et-qui-me-le-rendent-bien.
- J’ai vu Batman Forever 6 fois au cinéma. Oui, celui avec Jim Carrey. Et là, vous vous dites, ça aurait pu être pire. C’est mauvais, mais il aurait pu voir six fois Batman & Robin, le film le plus mauvais, le plus ridicule, le plus abyssal de tous les temps. Celui avec Geogre Clooney en Batman et Arnold Schwarzenegger en Mr. Freeze. Ah oui, et aussi Alicia Silverstone en Batgirl. Et bien, euh, comment dire… Je l’ai vu six fois aussi. Oui oui, six fois au cinéma. Voilà, c’est dit. Pour ma défense, je me suis beaucoup repenti.
- La chanson la plus écoutée de ma bibliothèque iTunes est Viva La Vida, de Coldplay. Je suis incapable d’expliquer ma passion pour cette hymne emphatique noyé dans un torrent de cordes gluantes, chanté mollement par l’endive braisée qui sert de mari à Gwyneth Paltrow. J’ai essayé de me rassurer en me rappelant à moi-même que le titre à été co-produit par Brian Eno, mais il me faut regarder les choses en face: j’ai écouté des centaines de fois cette année une chanson écrite par un type qui a appelé sa fille Apple. Et j’ai aimé ça.
- Je n’ai jamais vu King Kong. Le vrai, celui de 1933. Ce qui admettons-le, pour un cinéphile, craint. Et si j’ajoute que je n’ai jamais rien vu d’Eisenstein, de Tarkovski, et d’Ozu, là, je perds toute ma crédibilité. D’autant que Voyage à Tokyo attend patiemment sur une de mes étagères depuis quelques années.
- J’ai assisté à un concert de Spice Girls. Certes, j’étais invité, mais j’étais tout de même ravi d’y aller. J’avais d’ailleurs, à l’époque de mon adolescence, une grande passion pour les cinq pintades peinturlurées, et je peux même me targuer d’avoir vu leur “film” au cinéma. Z’avez vu, quand je m’auto-balance, je fais pas semblant.
- J’aime bien écouter Mika. Non pas que je n’ai pas envie de le gifler, avec sa voix de crécelle, ses tenues qui font mal aux yeux et sa gestuelle de lombric hyperactif, mais j’ai acheté son premier album. Oui, acheté physiquement avec de l’argent dans un magasin. C’est dire. Et le pire, c’est que je ne me suis pas arrêté là: il y a quelques jour, j’ai même été jusqu’à télécharger quelques titres de son nouveau. Très plouc, mais un grand bonheur à écouter sous la douche. Etrangement, Mika et le bruit de l’eau vont très bien ensemble. Entre parenthèses, j’aurais un peu moins honte d’apprécier ses sucrettes musicales s’il arrêtait de noyer le poisson sur sa sexualité avec des déclarations bande-mou du genre “Je ne me suis jamais imposé de limite dans ma vie, je n’ai jamais mis de restriction sur les personnes avec qui je couche… Alors je ne sais pas. Appelez-moi comme vous voulez. Appelez-moi bisexuel si vous avez besoin d’un terme pour moi… C’est l’étiquette dont je pourrais être le plus proche.” Parce que, sans déconner, quand on fait des clips qui ressemblent à ÇA, pourquoi faire sa mijaurée en interview?
- Je connais tous les James Bond par coeur. Même Moonraker. Aimer les premiers avec Sean Connery, cela va de soi. Aimer les derniers grâce à Daniel Craig, c’est la nouvelle tendance. Aimer l’unique essai de George Lazenby, c’est un mini-snobisme. Mais aimer Roger Moore, Thimothy Dalton et MÊME Pierce Brosnan, c’est de l’inconscience. Et c’est dans cet aveuglement que je me suis vautré toute ma vie. Les blagues salaces et pas drôles, le racisme abject de Vivre et Laisser Mourir, la doublure omniprésente de Papi Roger Moore et son lifting dans Dangereusement Votre, la voiture invisible de Meurs un autre jour, même SOPHIE MARCEAU dans Le Monde ne suffit pas, avec son air affecté et son oreille arrachée, j’arrive à la trouver sublime! PRIEZ POUR MON AME!
J’attends vos casseroles personnelles dans les commentaires.
Tandis que s’ouvrait hier matin le Sommet mondial sur la sécurité alimentaire, à Rome, les principaux acteurs internationaux s’y sont préparés chacun à leur façon.
Ban Ki-moon a jeûné dimanche en signe de solidarité avec les populations souffrant de la faim, les organisations altermondialistes manifestaient non loin du siège de la FAO, les pays du G8 (à l’exception de l’Italie qui accueillait l’événement) ont choisi de ne pas faire le déplacement, ayant d’autres priorités que de discuter de ce problème somme toute assez secondaire, enfin, Mouammar Kadhafi a décidé de passer par la religion pour sauver la planète de ses maux. Mouammar. Encore lui. Oui, je sais je ne me renouvelle pas beaucoup. Mais je crois qu’il me cherche.
Mouammar Kadhafi, donc, est un homme d’action, un homme pressé qui n’a pas une minute à perdre. Lorsqu’il se rend à Rome pour assister à un Sommet qui s’ouvre le lundi matin, il doit absolument se trouver des occupations pour sa soirée de la veille. Il doit être comme moi, Mouammar, il ne doit pas aimer le dimanche soir. C’est cafardeux le dimanche soir, alors il faut sortir, il ne faut pas s’enfermer chez soi ou dans sa chambre d’hôtel avec un plateau-télé devant Julie Lescaut. En ce qui me concerne, je sors rejoindre le Juif, l’Arabe et le Pédé au resto et nous parlons de renverser les institutions autour d’une assiette de pâtes. Kadhafi, lui, fait les choses en plus grand, en plus ambitieux. Il commence par passer une annonce sur Internet, sur une agence d’hôtesses :
“Cherchons 500 filles attrayantes âgées de 18 à 35 ans et mesurant au moins 1,70 mètre, bien habillées mais pas en mini-jupes ou en robes courtes“, promettant 60 euros aux candidates. Et “quelques souvenirs libyens“.
Permettez-moi, au passage, de rassurer nos lecteurs mineurs, tout cela n’a rien de sexuel, il ne s’agit pas de l’organisation d’une partouze géante via Internet. Mais je comprends vos interrogations. Qu’est-ce que c’est que ce casting improbable aux critères si précis ? Pourquoi de 18 à 35 ans ? Pourquoi minimum 1m70 ? Pourquoi attrayantes ? Trois possibilités : Le guide de la révolution a de nouvelles ambitions cinématographiques et a besoin de figurantes ; il souhaite organiser un concours de Miss pour occuper son dimanche soir ; ou il a rencontré Hugh Hefner et souhaite organiser une fête en son honneur ?
Que nenni. Deux cents jeunes filles ont répondu à l’annonce et se sont présentées à l’hôtel mentionné sur Internet avant de se faire conduire en bus à la résidence de l’Ambassadeur de Libye, pensant faire tapisserie à un cocktail.
Mais le “guide de la révolution” libyenne ne perd pas son temps dans ces distractions vaines et très occidentales consistant à déguster des petits fours et des coupes de champagne en débitant des banalités. Non, Mouammar préfère provoquer une occasion unique de se trouver face à un public particulièrement réceptif et volontaire pour se livrer deux heures durant à un cours d’Islam, entouré de l’ambassadeur libyen, d’un interprète et de deux de ses fameuses “amazones” en tenue militaire. A la fin de sa master class, et avant de leur offrir des exemplaires du “glorieux” Coran et de son “petit livre vert” de citations, il a lancé un appel à son public : “convertissez-vous à l’Islam, Jésus a été envoyé pour les Hébreux, pas pour vous, en revanche Mahomet a été envoyé pour tous les humains“. Ouais, enfin, il semblerait que dimanche soir, c’était surtout pour des jeunes bombasses italiennes mesurant 1m70 minimum que le Prophète avait été envoyé et pour que Kadhafi puisse se rincer l’oeil en vulgarisant le message divin.
Avant de libérer ses élèves, le Chef d’Etat improvisé prédicateur et historien des religions a souhaité apporter une correction de taille à l’histoire du christianisme, revenant sur la Passion du Christ, mythe curieusement très ancré dans les esprits de tous les crédules de la planète : ”Vous croyez que Jésus a été crucifié mais ce n’est pas vrai, c’est Dieu qui l’a emmené au ciel. Ils ont crucifié quelqu’un qui lui ressemblait. Les juifs ont essayé de tuer Jésus parce qu’il voulait remettre la religion de Moïse sur le juste chemin“.
Je n’ai rien à ajouter, sinon merci Mouammar pour cette limpide leçon d’histoire. J’avais toujours trouvé cette histoire de crucifixion un peu louche, c’est beaucoup plus clair vu de cette façon.

La semaine dernière, je me suis mangé mon quatrième PV à 35 euros pour “stationnement sauvage” en deux mois. Dans les quatre cas, le ”stationnement sauvage” en question ne s’est pas fait sur le cadavre d’une vieille retraitée que j’aurais violée et tabassée avant de rouler dessus avec mon scooter, mais sur un trottoir, bien collé contre le mur, pour ne gêner en aucun cas le passage des piétons et autres fauteuils roulants (pour peu que le piéton ou le fauteuil roulant en question fasse moins de 2m50 de large). Les quatre fois, les contraventions ont été dressées entre 22h30 et 23h30. Les quatre fois, elles ont sanctionné l’absence totale de place de parking pour 2 roues à moins d’1/4 d’heure à pied de mon lieu de rendez-vous.
En 8 ans de circulation en deux roues à Paris, je n’avais jamais rencontré ce genre de déconvenue, ou en tout cas, jamais ce systématisme. Alors après avoir shooté dix minute durant dans mon scooter en hurlant “LA PUTAIN DE BORDEL DE QUEUE DE CHIASSE DE PUTE!” en boucle (Je suis grossier quand je suis en colère), je me suis calmé, j’ai arrêté de mordre sur le bras de la personne qui m’accompagnait, j’ai essuyé l’écume rageuse qui ornait la commissure de mes lèvres, et j’ai fait un exercice de respiration qu’une vieille amie osthéo ( “vieille” dans le sens je la connais depuis longtemps, pas dans le sens “Sans soutien-gorge, elle a les seins qui lui tombent au genoux”) m’avait appris. Du coup j’ai fait de l’hyperventilation et je me suis évanoui. Non, je ne suis pas une petite nature.
Le lendemain, j’ai vu un Brice Hortefeux goguenard et souriant présenter son bilan au Ministère de l’Intérieur. J’ai réprimé mon envie de rendre mon financier à la pistache de chez Kaiser, j’ai tenu quelques instants, et puis quand il a dit « je veux être le garant et le gardien
permanent de cette culture de la performance et du résultat. », ça a fait tilt! J’ai rappelé Yuri et Vassili, deux amis Ukrainiens avec des bras comme des séquoïa et une totale décontraction par rapport à tout ce qui touche au démembrement, et à qui j’avais donné l’adresse de Germaine Michot, pervenche en service dans le quartier dans lequel mon scooter s’était fait aligné à l’heure des faits: ce n’était pas la faute à cette pauvre Germaine si j’allais devoir payer 140 euros de PV en plus de mes 678 euros de taxe d’habitation et de mes 663 euros d’URSSAF, mais bien de la folie de résultats imposée, en capillarité, par le Ministère de mon Brice HorteFeuDeCheminée préféré. Mes soupçons ont d’ailleurs été confirmés par le secrétaire général du premier syndicat de gardiens de la paix (l’Union SGP-FO/Unité Police), Nicolas Comte, qui déclare, dans une interview donné à Mediapart : « la politique du résultat s’est peu à peu transformé en religion du chiffre ». Ces PV à répétition, cette traque du petit délit, ce serait finalement une manière nouvelle et pas complètement conne de hausser les chiffres de la délinquance et de la répression, histoire de conforter un discours sécuritaire qui fait les beaux jours de la droite, à quelques encablures des régionales. Parce que je l’écoutais mon Briçou, je l’écoutais, et je faisais dans mon froc. A l’entendre, la France était en train de se transformer en NY 1997. Les bandes étaient à ma porte, les délinquants de moins de 13 ans se trouvaient être des psychopathes sanguinaires auxquels il fallait imposer un couvre-feu obligatoire, et même les filles s’y mettaient avec une part en augmentation de 10 % en un an dans les crimes et délits commis par des mineurs. J’étais sur le point de rappeler Vassili et Yuri pour qu’ils viennent abréger mes souffrances quand je me suis rappelé qu’on ne pouvait pas lui faire confiance à Brice, et qu’il disait souvent de belles grosses conneries, avec ses histoires d’Auvergnats Maghrébins et de nationalité évidente.
Alors j’ai décidé de lui proposer d’aller se faire foutre.

Je me suis mis devant ma télé, je l’ai regardé droit dans les yeux et je lui ai dit que je n’y croyais pas à ses chiffres à la con. Je lui ai dit que sa “résurgence de la délinquance des jeunes, de 5% cette année, pour atteindre 18%“, c’était de l’affabulation, puisque les chiffres de la délinquance des mineurs sont stables depuis 15 ans, et que non, je ne vais pas commencer à fouiller Kévin, le fils de 12 ans de la voisine du dessous à chaque fois qu’il veut prendre l’ascenseur avec moi. Je lui ai aussi demandé d’arrêter de raconter des salades avec ses histoires de “bandes de fille” ou alors de tempérer son propos par le fait que “Ce qui ne cesse de changer depuis 1994, c’est le droit pénal, qui permet d’attraper davantage de petits poissons, dont font généralement partie les filles. Elles sont davantage poursuivies qu’autrefois pour les bagarres entre filles, pour leurs insultes envers les enseignants, les éducateurs et les policiers, et surtout pour des vols à l’étalage…” comme le dit très justement le sociologue Laurent Mucchielli. Non parce qu’avec ses conneries, à Brice, j’ai un pote qui a aspergé de bombe lacrymo un groupe de trois filles qui l’ont abordé à une sortie de boîte pour lui demander du feu (le pote, en vrai, c’était moi, et je me suis fait latter la tronche par leurs mecs, qui les attendaient sur le trottoir d’en face). Enfin, Brice, je l’ai fixé calmement et je lui ai dit de se les foutre là où le soleil ne brille pas, ses 6,21% de baisse de la délinquance générale depuis Octobre 2008. Parce que d’après l’Observatoire National de la Délinquance, dont, rappelons-le, c’est le métier de compter et de faire des statistiques sur la dite délinquance – autant dire qu’ils savent un peu de quoi ils parlent – la baisse, en vrai, de la délinquance, elle est de 0,08%, avec une hausse de 3,75% des violences physiques entre Novembre 2008 et Octobre 2009. L’Observatoire National de la Bolognaises, a lui sorti ses statistiques pour la sauce du même nom, mais ça n’a rien à voir.
Alors qu’est ce que ça veut dire tout ça? (et promis, après, j’arrête de vous embêter)
D’abord que plutôt que de mettre la pression sur les pervenches pour coller des prunes à la con sur des scooters garés sur un trottoir sans faire chier qui que ce soit, on devrait plutôt mettre la pression sur les calculettes et les cours de maths pour les cadres du Ministère de l’Intérieur. Ou alors on devrait leur rappeler que la publicité mensongère est un délit (oui, je sais, je sais, les discours de campagne, ça ne s’apparente pas à de la pub), et que dire n’importe quoi pour faire les malins et se la péter genre “moi, mon gars, quand je prends un ministère en main, je rigole pas”, et autres “tu vas voir ce qu’on va te coller dans la gueule aux régionales, sale gaucho”, c’est un peu pathétique et puis c’est surtout malhonnête.
Ah oui, sinon, dans un registre plus léger, je vous laisse avec une petite blague: Big Brother, la Stasi, et la Vie Privée sont dans un bateau, il n’y a pas trop de place donc les deux autres décident de foutre la Vie Privée à la baille (non sans lui avoir coulé les pieds dans le béton avant) . Comment ont-ils fait? Réponse:
Brice Hortefeux a également annoncé le triplement de la vidéosurveillance sur la voie publique d’ici à 2011 (60 000 caméras) et le recrutement de 15 000 policiers et gendarmes d’ici l’année prochaine.
C’est pour aller avec deux nouveaux délits qui devraient passer au Code pénal d’ici là: le délit de “ton chien m’a mal regardé” et celui de “tu m’as serré la main avec la main gauche ce matin”.
Youpi!
Question:
Qui a dit “Les attentats-suicides des Palestiniens pour parvenir à faire exister un Etat palestinien ressemblent en fin de compte à ce que firent les juifs en se laissant conduire comme des moutons et exterminer dans les chambres à gaz, se sacrifiant ainsi pour parvenir à faire exister l’Etat d’Israël”?
Réponse 1: Kemi Seba, le Malcolm X du boulevard Barbès
Réponse 2: Elie Wiesel, principal actionnaire de la Shoah
Réponse 3: Victoria Silvstedt, nouvelle Hannah Arendt
Réponse 4: Jean-Luc Godard, cinéaste
Réponse 5: Le Dalaï Lama, skinhead le plus écouté de la planète
Roulements de tambour.
La bonne réponse était la réponse 4! Si vous avez voté pour le cinéaste franco-suisse le plus mal lavé de l’Histoire (Eh oui, vous l’aurez remarqué, nous avons quelques névroses hygiénistes sur Cestlagene.com), vous avez gagné un lot de 50 sacs à vomi parfaitement biodégradables!
Cette brillante déclaration est rapportée par l’écrivain cinéaste Alain Fleischer dans son livre, Courts-circuits, roman dans lequel il relate ce que Godard aurait confié en off, entre deux séances d’interviews données à l’occasion de la mise en boîte du documentaire Morceaux de conversations avec Jean-Luc Godard.
Là, franchement, Monsieur Godard, je préfèrerais vous savoir six pieds sous terre plutôt que vous voir ramper de la sorte dans le fumier. En effet, je dois admettre que si j’ai toujours trouvé vos films parfaitement irregardables, vous incarniez néanmoins pour moi ce dont peu d’artistes peuvent vraiment se prévaloir: la liberté.
Votre engagement en faveur de la cause palestinienne est tout à fait respectable, mais je ne comprends pas pourquoi, soucieux d’une plus grande efficacité dans votre combat, vous éprouvez le besoin de faire tremper votre beau keffieh dans la fange révisionniste: cette idée qui associe les kamikazes d’aujourd’hui aux victimes du nazisme d’hier ne relève pas d’un de ces fulgurants aphorismes qui ont fait votre gloire, mais au contraire d’un des lieux communs les plus éculés du discours judéophope contemporain. Toute une vie consacrée à faire des films mythiques pour finir, en clodo sénile que vous êtes, par débiter des fadaises du type “Les youpins d’aujourd’hui sont les nazis d’hier”, c’est bien triste.
Comparer, d’un coté, des individus (certes, souvent très endoctrinés) qui ont fait le choix de l’action meurtrière en se faisant sauter au beau milieu d’une population civile afin de faire le plus de morts possibles dans les “rangs” adverses (encore faut-il considérer les femmes et des enfants victimes des attentats comme des soldats grossissant ces fameux rangs) et, de l’autre, des personnes qui ne savaient évidemment rien de ce qu’était Israël (puisqu’Israël, entre 1939 et 1945, ça n’était rien), qui n’ont eu d’autre choix que celui d’être assassinés et qui n’ont jamais eu le désir d’emporter quiconque avec eux dans la mort, est la marque d’une escroquerie intellectuelle d’envergure.
Non, la Shoah n’est pas l’Intifida.
Car, Monsieur Godard, si on vous écoute, il faudrait arrêter sur le champ Simone Veil et l’extrader vers Israël. Le condamnation de cette kamikaze ayant lamentablement échoué dans sa mission qui était de “se sacrifier”, ferait la joie de cet Etat qui s’est bâti sur les morts et qui, selon vos dires, n’a de reconnaissance qu’envers eux.
Votre petite phrase, cher monsieur, illustre une fois de plus ce cruel relativisme: les tragédies humaines se valent toutes; les assassinés d’hier sont des suicidés et les assassins d’aujourd’hui sont les victimes d’hier. En niant aux victimes du nazisme leur spécificité historique et leur statut de victimes; en en faisant des acteurs, maîtres de leur destin, choisissant la mort dans le but de créer un état, vous relayez un présupposé qui ne déplairait pas à Robert Faurisson (qui, chose amusante, vous ressemble beaucoup), selon lequel les juifs ne subissent jamais, mais sont à l’origine de tout.
Avant de conclure, j’apprends que vous auriez l’intention d’adapter au cinéma, le magnifique livre de Daniel Mendelsohn, Les Disparus, formidable récit d’un homme qui replonge au coeur de la Shoah, pour reconstituer des bribes de son histoire intime et familiale. Je sais que vous rencontrez de nombreuses difficultés pour acquérir les droits du bouquin, aussi je vous conseille chaudement de contacter directement l’auteur et de lui faire part de vos vues sur cet épisode de l’Histoire. Je suis certain que Mr Mendelsohn sera enchanté d’apprendre que ses chers Disparus ne sont rien d’autre qu’une bande de kamikazes fanatiques. Emu par tant de révélations, il vous cédera gracieusement les droits de son livre et vous laissera le soin de remanier son récit à votre sauce.
Si ça ne marche finalement pas, je vous recommande de prendre vos petites pilules vertes (oui, celles avec une tête de mort gravée dessus) avec un grand verre de Destop et d’aller vous allonger.
Je m’étais abstenue jusqu’ici de dire tout le bien que je pense de Monsieur Raoult, notamment parce que quelqu’un l’a parfaitement bien dit ici. Mais là, c’en est trop, trop de connerie, je craque.
Après avoir brillé avec son “devoir de réserve“, c’est-à-dire, sa volonté de museler les écrivains, à fortiori les lauréats de Prix leur conférant une certaine visibilité, lorsqu’ils parlent de la France de Sarkozy, Eric Raoult souhaiterait désormais créer un label des “pays amis de la France”. Cette proposition de label, sous forme de question écrite à l’Assemblée nationale, pourrait aussi s’appeler “gommette pour dictature possédant ressources intéressantes et qu’il ne faut par conséquent pas froisser” ou encore “viens là le despote que je te lèche l’arrière-train”.
Les quelques médias qui ont relayé l’information ont effectivement bien identifié les pays visés par cette jolie médaille imaginée par le nouveau génie luminescent de l’UMP. (Belle trouvaille celui-là, vraiment, il est inépuisable et son imagination est pour le moins foisonnante, ne le lâchez pas on pourrait vouloir vous le voler).
Mais il y a une question que je me pose, et que j’aimerais bien lui poser, à Eric Raoult. Alors je me lance. Tu vas donc remettre ta petite médaille “ami de la France” à la Chine, à la Libye, au Gabon, à la Tunisie, à la Corée du Nord, et j’en passe, ce qui te permettra de dormir tranquille quand tu verras paraître un article incendiaire sur la situation des droits de l’homme ou de la liberté de la presse dans ces pays. Non, non, t’inquiète pas, le gentil dictateur, on dit que tu es une ordure en première page de Libé, mais n’oublie pas, tu as le tampon, tu es un ami de la France. [Sourire baveux] Voilà, ça lui a fait une belle jambe au pays en question, il est rassuré et retourne à ses occupations. Donc, la question que j’aimerais poser à Eric Raoult : à quel pays tu ne la remets pas ta petite gommette ? Parce qu’une fois que tous les pays problématique l’auront collé dans un coin de leurs vieux tiroirs poussiéreux, tu vas avoir tous les pays semi-problématiques qui vont venir réclamer leur hostie la langue pendante. Et une fois que tous ces pays-là également récompensés pour bons et loyaux dépôts de matières premières et léchage de cul en règle services auront eu leur label, tu fais quoi des autres pays amis, les “vrais”. Comme la Belgique, le Royaume Uni, l’Angola ? Tu ne leur donnes pas la médaille ? C’est pas génial diplomatiquement parlant, si ?
Voilà, tu as fini par comprendre. C’est indéniablement une brillante idée. Créons ce label pourri, convoquons tous les Ambassadeurs présents sur le territoire et remettons-leur de suite la gommette, ça ira plus vite. Ou alors, ne faisons rien, ça revient au même. Et puis tu peux aussi prendre des vacances ou te jeter par la fenêtre là, sur ta droite, car comme tu le vois, on se passe très bien de toi.
Pour ceux d’entre vous que mes diatribes enflammées sur l’état déplorable du cinéma français dépriment, pour tous ceux qui ne voient en moi qu’un pyromane enragé et impitoyable, voici dix bonnes raisons de ne pas désespérer.
10. Arnaud Desplechin
Déjà, il nous a donné Amalric (voir plus bas) et rien que pour ça, nous lui serons éternellement reconnaissants. Et dans un paysage cinématographique désolant de banalité, en voilà au moins un qui ne manque pas d’ambition, capable de donner à des films de salons (Comment je me suis disputé, Rois et Reine) une ampleur quasi-épique, grâce à une écriture d’une sophistication délirante et un foisonnement d’idées mise en scène. Mais s’il mérite sa place dans ce classement, c’est avant tout pour son impérial Conte de Noël, traditionnel règlement de compte familial transfiguré avec une rare majesté en affrontement aux accents mythologiques.
9. L’animation française
Certes il y a Pixar, indépassable. Et puis les génies de la pâte à modeler, souvent brillants eux aussi. Mais juste derrière dans le classement des plus beaux dessins animés du nouveau millénaire, trônent deux grandes réussites de l’animation française. Je vous entends déjà hurler: ET MIYAZAKI ALORS??? Et bien, pour être parfaitement sincère, il me casse les couilles celui-là avec ses sorcières qui flottent dans les airs au-dessus du château enchanté sous la mer au bord de la colline qui est près de la falaise dans la forêt ambulante. Je sais, c’est mal, mais je troquerais toutes les Chihiros du monde contre ces deux merveilles que sont Persepolis et Les Triplettes de Belleville.
8. Les Etrangers
Parce que la France, c’est aussi la terre d’accueil de Roman Polanski, de Kristin Scott Thomas, de Charlotte Rampling, et occasionnellement de Michael Haneke ou Julian Schnabel. Ce qui est plutôt la classe finalement.
7. Mathieu Amalric
Même plus besoin de le dire, tout le monde le sait: Amalric est le roi des acteurs français.
6. Charlotte Gainsbourg
Parce que son talent, incontestablement, mais aussi parce que depuis L’Effrontée, le parcours de Charlotte Gainsbourg est quasi sans-faute. Sur son C.V. se bousculent Varda, Blier, Iñárritu, Gondry, Todd Haynes, James Ivory, Patrice Chéreau et Lars Von Trier, ce qui témoigne d’une exigence assez remarquable. Et lorsque qu’elle tape dans la comédie grand public, elle choisit ce qui se fait de mieux dans le genre, et réussit le tour de force de livrer une création exquise et mémorable. A vrai dire, même quand il lui prend subitement l’envie de chanter, elle le fait avec tant de désinvolture et d’élégance qu’il est difficile de ne pas être séduit.
5. Christophe Honoré
Dont j’ai déjà dit tout le bien que je pense ici.
4. Alexandre Desplat
Pas seulement le meilleur à l’échelle nationale, mais l’un des plus grands compositeurs de musique de film au monde, sollicité aux quatre coins du globe, de Jacques Audiard à Stephen Frears, d’Ang Lee à David Fincher, en passant par Wes Anderson et bientôt Terrence Malick. Pour les amateurs, il est l’auteur génial d’une des plus somptueuses BO de la décennie, celle de Birth, chef d’oeuvre méconnu et mal aimé, que je ne saurais trop vous recommander.
3. François Ozon
Admiré dans certains cercles, honni dans beaucoup d’autres, il n’en demeure pas moins le plus fascinant des cinéastes français, dans ses réussites comme dans ses échecs. Ozon tourne beaucoup, parfois peut-être trop vite, mais il expérimente, il prend des risques, et surtout, qu’il adapte Fassbinder avec une cruauté d’écolier, qu’il ressuscite Charlotte Rampling avec une surprenante profondeur, qu’il orchestre avec jubilation le crêpage de chignon de toutes les divas du cinéma français, qu’il dissèque avec une précision implacable l’échec d’un mariage ou qu’il dresse le portrait flamboyant d’une femme qui tente de conformer la réalité à son imaginaire, il ne cesse jamais de se renouveler, de surprendre et de captiver.
2. Danielle Darrieux
Forcément.
1. Jacques Audiard
Parce que personne depuis Henri-Georges Clouzot n’avait porté le film de genre français à un tel point de perfection. Parce que personne depuis Louis Malle n’a maîtrisé l’outil cinéma avec autant d’intelligence et de superbe. Parce que sa dernier oeuvre est toujours une réussite encore plus éblouissante que la précédente. Et que Luc Besson le veuille ou non, Jacques Audiard est le plus bel argument du cinéma français aujourd’hui.
L’espoir est permis. J’attends vos suggestions.
Ah, ça fait du bien ça. Permettez que j’en profite quelques instants ? Je prends mes aises et je le répète : ta gueule, Marine Le Pen. Non, désolée, je me reprends. Ferme ta putain de grande bouche Marine Le Pen. Voilà, ça va mieux.
Ça, c’est fait.
Comme il fallait s’y attendre, le Front national, désormais davantage incarné par Marine que par son géniteur grabataire, a dénoncé avec force la « scandaleuse décision » du tribunal administratif de Besançon permettant l’adoption d’un enfant par une enseignante célibataire (dans le sens de non-mariée et non-pacsée) et homosexuelle (et en l’occurrence, ouvertement en couple).
Dans un communiqué qui transpire l’apaisement et la modération, Marine le Pen écrit : « ainsi donc, sans que les Français ni leurs représentants élus n’en aient décidé, sur simple décision d’une instance européenne et de la Halde (Haute autorité de lutte contre les discriminations), structure technocratique sans légitimité démocratique, on assiste à un bouleversement du droit de la famille » et « demande que contrairement à ce qu’a annoncé précipitamment le ministère public, il soit immédiatement interjeté appel de cette décision ».
Et elle poursuit, s’affirmant « porte-parole de la majorité silencieuse » : « Comme dans l’affaire Mitterrand, cette décision consacre la disparition d’une certaine morale d’Etat et le triomphe d’une société hédoniste où les volontés de certains adultes priment sur les droits légitimes des enfants ». BON ALORS MAINTENANT ÇA SUFFIT.
Pour commencer, Marine, il est où ton mari ? Non, parce qu’on ne peut pas se faire la porte-parole de la Moralité et d’un droit de la famille ancestral et se balader, comme ça, célibataire, et en toute impunité. Non, ce n’est pas possible, ton papa a dû te le dire d’ailleurs. Tu as 41 ans maintenant, tu ne peux pas continuer sur cette voie. Quoi ? Mais qu’entends-je ? Tu as trois enfants ? Et tu as divorcé deux fois ? Le diable a pris possession de ton corps ou tu nous fais juste chier pour le plaisir ?
Tu es donc, en dépit de tes idées politiques, une femme moderne et libérée, et désormais une mère célibataire (ou pas d’ailleurs, mais officiellement tu l’es). Donc quand est-ce que tu vas arrêter de nous emmerder avec ta morale d’Etat à la con et ton bouleversement du droit de la famille ? Nous sommes en 2009, et si une femme seule a le droit de diriger un parti politique avec poigne, d’élever seule ses trois enfants, ou avec un homme qui n’est pas leur père, pourquoi est-ce qu’une femme homosexuelle (célibataire ou pas) n’aurait pas le droit d’adopter un enfant ?
Selon les juges, « les conditions d’accueil offertes par la requérante sur le plan familial, éducatif et psychologique correspondent aux besoins et à l’intérêt d’un enfant ». Des juges. Qui se basent sur ton sacro-saint code de la famille. Jugent que cette femme est apte à élever un enfant dans de bonnes conditions. Qu’est-ce qu’il te faut de plus, pauvre nouille ? Tu n’y peux rien, c’est comme ça, c’est la loi. Un ou une célibataire a le droit d’adopter en France. Point. Alors oui, il se trouve que par conséquent, cela ouvre la voie à des homosexuels en couple ou pas au moment de la demande. Et la seule chose qu’il faut en conclure c’est que cette loi sur l’adoption par des célibataires est encore une loi parmi tant d’autres qui baigne dans l’hypocrisie la plus totale. Est-ce qu’on pourrait tous l’admettre et accepter que les homosexuels puissent enfin se présenter en tant que couple pour adopter, parce que notre retard sur la question par rapport à d’autres pays européens commence à devenir grotesque ? Merci bien.
Et est-ce que quelqu’un pourrait m’expliquer pourquoi une jeune femme complètement décérébrée et son vieux poivrot lifté de mari, famille nucléaire modèle s’il en est, seraient plus compétents pour adopter et élever deux petites filles que cette enseignante et sa compagne ? Non, d’ailleurs, ne m’expliquez surtout pas, tout le monde connaît la réponse.




















